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Bouleversante rencontre
Datte: 16/06/2023, Catégories: fh, hplusag, couleurs, inconnu, campagne, amour, cérébral, revede, caresses, pénétratio, mélo, aventure, Auteur: Onyx31, Source: Revebebe
Il est des voyages qui vous marquent à jamais par la majesté des paysages, leur monumentale architecture ou leur histoire florissante. Mais l’âme d’unroad-trip est ailleurs, au cœur des rencontres effectuées, de ces tranches de vie croisées, de cette humanité partagée. Il faut parfois les dénicher, voire les provoquer, mais surtout, s’ouvrir aux autres et accepter d’en être complètement chamboulé. Laissez-moi vous conter cette bouleversante rencontre avec une jeune femme qui, trente ans après, est toujours là, au plus profond de mon être, tel le plus inestimable trésor. *** Cela fait presque deux mois que je suis sur la route, sur le chemin du retour, dans cette région montagneuse qu’est le Kurdistan. Si tout se passe au mieux, d’ici deux ou trois jours je quitterai la Syrie pour atteindre la Turquie. Je me laisse porter par le ronron rassurant du bicylindre de ma fidèle BMW R100 GS Paris-Dakar, rouge, s’il vous plaît, à l’instar de celles de mes héros de jeunesse : Hubert Auriol et Gaston Rahier. La piste est sans difficulté, il fait beau et les paysages somptueux. En un mot comme en cent, la vie est belle et j’en savoure chaque instant. Signe que je me rapproche d’un village, je croise de vieilles voitures déglinguées et des charrettes à cheval. Effectivement, je ne tarde pas à arriver dans un gros bourg où règne une forte animation. C’est jour de marché et par là même, mon jour de chance, mon réservoir et mon estomac commençant à crier famine. Je devrais trouver ...
... ici tout ce dont j’ai besoin. Dans l’ordre des priorités : le carburant pour la moto. Une vieille habitude de baroudeur, toujours s’occuper de la mécanique en premier. Je ne me fais pas d’illusion, nulle station-service ici, seulement de l’essence au litre si j’arrive à en dégoter. C’est là que les choses se corsent puisque l’anglais est inusité. J’ai parfois plus de chance avec le français, mais rarement. En général, la meilleure façon de communiquer reste le langage universel : celui du corps. Par chance, un Européen en moto dans un village perdu au milieu de nulle part, c’est l’attraction du jour, de la semaine, que dis-je, du mois ! À peine ai-je coupé le moteur et ôté mon casque qu’un attroupement de curieux s’agglutine autour de l’étrange équipage. Je prononce alors un des rares mots de Kurde que je connaisse : bonjour. Et c’est l’hilarité générale, le charme ravageur de mon accent toulousain très certainement ! Tout le monde me harangue simultanément en un charmant brouhaha. Les mains se tendent, je les serre, je salue à droite, à gauche, les yeux s’écarquillant devant la moto. Le rituel est immuable et je joue le jeu avec un plaisir non dissimulé. Une fois l’effervescence retombée, je fais signe de mon poing fermé, pouce en bas pointant le réservoir. L’agitation reprend de plus belle, la discussion s’anime, mais un consensus finit par se dégager ; je suis invité à les suivre. Me voilà embarqué par un cortège improbable jusqu’à une maison. Quelques instants ...