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Bouleversante rencontre
Datte: 16/06/2023, Catégories: fh, hplusag, couleurs, inconnu, campagne, amour, cérébral, revede, caresses, pénétratio, mélo, aventure, Auteur: Onyx31, Source: Revebebe
... mouches qu’elle attire. J’explique tant bien que mal mon désir d’acheter des côtelettes. Elles sont petites, je vais en prendre quatre. C’est que rouler, ça creuse ! Je sors un morceau de tissu, y place les pièces de viande et range le tout dans une des sacoches de ma BMW. Enfin je reprends la piste. Me retrouver seul avec ma moto est un vrai bonheur après un tel bain de foule. Je vous l’accorde, j’ai toujours été solitaire, certains diraient sauvage. C’est peut-être cette dualité qui me caractérise, fuyant la société et ses comportements irraisonnés, mais sensible aux individualités. Je vais bon train et pousse un peu ma machine, prenant plaisir à rouler dans ce décor enchanteur. La fin de la journée approche et il me faudrait commencer à chercher un spot pour monter mon campement. Je roule au ralenti, debout sur les repose-pieds, observant à droite et à gauche quand je les vois, deux gamins gardant une dizaine de moutons qui me font de grands signes. Je m’arrête, ils accourent, j’enlève mon casque, ils arrivent à ma hauteur. Ils sont tout agités, baragouinant un charabia incompréhensible. Ils doivent avoir huit, dix ans, les cheveux en bataille, des minois tout crassous mais illuminés de grands yeux débordants de vie. Une fois l’excitation initiale retombée, je joins mes deux mains et les colle à ma tête leur indiquant que je cherchais un coin pour dormir. Un dialogue de sourds s’installe alors avant que je ne comprenne. Je cherche un coin où bivouaquer, mais pour ...
... eux, camper dehors en pleine nature est inimaginable alors que l’hospitalité est un devoir sacré. Ils s’évertuaient simplement depuis dix minutes à m’inviter chez eux ! Le quiproquo déjoué, j’hésite. Ce n’est pas la première fois que je suis confronté à une telle situation. Qu’en penseront leurs parents ? Se sentiront-ils obligés de m’inviter par devoir ? Qui vivra verra. Je choisis d’y aller et de décider une fois sur place. Quand je montre bien haut mon pouce levé, la joie enlumine leurs visages. Je les prends à tour de rôle à califourchon sur le réservoir. Ils sont aux anges, cheveux au vent, s’agrippant à chaque accélération. Quelques dizaines de minutes plus tard, nous arrivons en vue d’une ferme isolée. Je gare ma moto légèrement à l’extérieur. Le plus jeune s’occupe du troupeau quant au plus grand, il court à l’intérieur comme un dératé en criant à tout va. Il y a là une cour flanquée d’un abreuvoir alimenté par une pompe à main, un enclos et deux bâtiments. L’un d’eux semble être une grange ou une étable, l’autre l’habitation principale. Il en sort une jeune femme avec, accrochée à ses basques, une jeune fille de quatre ou cinq ans. C’est sur elle qu’immédiatement mon attention se focalise. Je suis captivé par son regard, des yeux bleus acier aux reflets gris qui contrastent avec le ton mat de sa peau. Il y a des regards qui vous marquent à vie, comme celui de cette Norvégienne rencontrée quelques années auparavant à Bergen, d’une profondeur telle que je m’y étais ...