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Un jeune homme à la capitale (10)
Datte: 14/06/2023, Catégories: Erotique, Auteur: JHaParis, Source: Xstory
... les formes au carter. Arlette maîtrisait son affaire et je lui passais les outils. Elle ne disait rien, semblant ruminer quelques idées noires. Puis soudain, elle s’arrêta, alors que nous étions très proches, engagés jusqu’aux épaules dans le tablier de la machine et tourna son visage vers moi. Elle avait vraiment des traits fins et il n’aurait pas fallu grand-chose pour la rendre jolie... — De toute façon, mon histoire est connue ici, autant que ce soit moi qui te le dise, ça évitera les ragots. Je la regardais sans comprendre. — Tu me demandais si j’avais connu des garçons. Eh bien oui : mon père... Je la regardais les yeux ronds : — J’avais quinze ans quand ma mère s’est tirée. Marre des coups de son alcoolo de mari... Il ne s’est pas arrêté de boire pour cela. Tous les soirs, il rentrait du travail avec un petit coup dans le nez. Il se mettait devant sa télé avec sa bouteille de whisky et moi je faisais la bouffe et le ménage en plus de mes devoirs. Une fois qu’il avait sa dose, il piquait du nez dans son fauteuil. Ça, c’était dans le meilleur des cas. Parce que dès que j’ai eu 16 ans, il a changé d’attitude... Une fois saoul, quand il n’était pas assommé par le whisky, il allait fermer la porte de la chambre où ma sœur de 4 ans ma cadette faisait ses devoirs puis il venait vers moi avec son ton mielleux de soulard vicieux. « Tu es une vraie petite femme qu’il me disait. » Et c’était parti... Et je n’osais pas crier pour ne pas alerter ma sœur. La ...
... plupart du temps, il se contentait d’une pipe. Mais des fois, il avait d’autres envies. C’est lui qui m’a dépucelée. Et pas en douceur... De toute façon, la douceur était inconnue chez nous et chaque écart se soldait par une raclée. Elle en parlait d’un ton égal, sans colère, détachée. C’était comme si elle parlait d’une autre. Je me hasardais — C’est dégueulasse... je comprends ton attitude vis-à-vis des garçons. Mais tous ne sont pas comme cela... Ça a duré combien de temps ? — Jusqu’à mes dix-huit ans. Le jour de mon anniversaire, lorsque je suis rentrée du lycée un peu tardivement, car des amis m’avaient offert des gâteaux, à peine la porte d’entrée passée, j’ai entendu ma sœur qui criait. J’ai tout de suite compris. J’ai empoigné la bouteille de whisky qui traînait et je suis entrée dans la chambre. Ma sœur se débattait sur le lit à moitié à poil. J’ai fracassé la bouteille sur la gueule de ce vieux salaud et j’ai appelé les flics. Voilà, tu sais tout. Depuis, moi les mecs... Au cours de la discussion, nous étions ressortis de la machine et nous tenions face à face. J’étais bouleversé par ses confidences. D’un geste instinctif, je m’approchais et la serrais dans mes bras. Tout d’abord, elle se raidit, mais mon geste était plus amical que sensuel. Une sorte d’accolade fraternelle. Je lui tapais dans le dos tandis qu’elle me dit : — Mollo mec... Contrôle tes émotions... Sa réflexion un peu ironique détendit l’atmosphère et je la relâchais en bredouillant ...