1. À pile ou face


    Datte: 21/05/2023, Catégories: amour, fsoumise, hdomine, sm, nonéro, confession, portrait, dominatio, Auteur: Enzoric, Source: Revebebe

    ... serai jamais. Louis connaît trop bien son ami d’enfance et de jeu pour me prêter à lui. Tant ils s’apprécient en tous points, tant ils sont différents, niveau domination, qu’un lien subtil s’est tissé entre eux. Même si je sais qu’ils ont parfois partagé les mêmes soumises, je sais plus encore que ni l’un ni l’autre ne le fera plus. Leurs visions, leurs passions, sont toutes autres maintenant. Édouard flirte en permanence avec les limites, alors que Louis, mon Louis, s’en est abstrait. De femmes à ses pieds, il n’en est plus qu’une : moi.
    
    Il y a peu, Marie-Odile, la femme d’Édouard, m’a serrée dans ses bras. Je n’ai pas compris. Quand Édouard s’est levé, puis s’est agenouillé et m’a baisé la main, j’ai paniqué. Je tremblais, et lui il pleurait en répétant « merci ». Combien de fois l’ai-je vu se défouler, il n’est pas d’autres mots, sur une femme qui n’en attendait pas moins. Alors, le voir à mes pieds ! Quand les envies des unes rencontrent l’exutoire d’autres, tout semble être de l’ordre des choses, du normal ; pourtant, souvent, les coups, la douleur, ne révèlent pas le profond, l’enfui.
    
    Édouard est un homme dur. Très dur. Plus envers lui-même qu’envers ses soumises. Quant à elles, elles pensent trouver un plaisir dans une soumission douloureuse. Connerie ! La souffrance n’exprime pas l’amour. La brûlure d’une main, d’une lanière, les insultes… bref, la contrainte, physique ou morale, jamais ne procurera le plaisir qui est mien : l’appartenance d’esprit et non de ...
    ... corps. L’abandon total n’est pas dans l’offrande de l’enveloppe, mais dans le don du cœur. Louis me possède, je suis sa chose, mais librement. Je lui fais don de moi, car je sais qu’il n’en abusera pas.
    
    Édouard c’est tout le contraire. S’offrir à lui, c’est s’oublier. Oublier son plaisir au détriment du sien. Un paradoxe que je peux comprendre, mais aux antipodes de mes désirs et envies. Aimer ne peut être une contrainte. L’amour est un partage. Louis est mon maître, mais on communie, on chemine ensemble, pas comme Édouard et ses soumises. S’il leur donnait ce qu’elles pensaient être une preuve d’amour, il ne ressentait rien pour elles. Elles n’étaient qu’un palliatif, consentant, demandeur, certes, mais sans contrepartie. Louis et moi, on s’est révélé, l’un de l’autre, l’un pour l’autre. Ce qu’Édouard n’a jamais pu, seul et mal accompagné. Une femme à ses pieds ne sera jamais qu’un corps sans âme, alors que sa femme, qui l’aime, et qu’il aime pour ce qu’elle est réellement, le pouvait. S’ils leurs fallait un déclic, un exemple, une preuve, et si nous avons été, Louis et moi, ce déclencheur, alors tant mieux. Je n’éprouve aucun orgueil, aucune fierté. Je n’ai jamais été que moi-même, et je compte bien le rester. Si mon maître change, si je change, alors nos chemins divergeront. Ce, il le sait, je le sais, et qui nous connaît autrement que d’une soirée le sait. Ainsi sommes-nous heureux. Louis de me savoir éperdument sienne, et moi de l’être, non par besoin, mais d’amour. Car ...