1. Histoire des libertines (14) : Isabeau de Bavière ou quand « une catin perd la France ».


    Datte: 12/01/2023, Catégories: Dans la zone rouge, Auteur: Olga T, Source: Hds

    ... Valois.
    
    Elle est surtout celle qui a endossé le traité de Troyes de 1420 et qui donc a « vendu la France aux Anglais ».
    
    Tout cela est vrai et rend donc a priori vaine toute tentative de réhabilitation.
    
    La réalité est un plus complexe. Ce n’est pas Isabeau qui a lancé la querelle des Armagnacs et des Bourguignons, qui n’avaient pas besoin d’elle pour s’écharper. Au contraire, en la mettant dans leur lit, Louis d’Orléans, puis Jean Sans Peur, se sont servis d’elle.
    
    Doit-on ajouter que ce n’est pas Isabeau qui est responsable du désastre d’Azincourt, plus grande défaite française de la Guerre de Cent ans ? C’est là qu’avait été durablement anéantie une bonne partie de l’armée et de la chevalerie française, ce qui conduisait un monde aussi superstitieux à penser qu’entre les Valois et les Plantagenets, Dieu avait fait son choix, que la guerre était perdue.
    
    Il faut ajouter la faute du Dauphin Charles qui laisse assassiner, lors de l’entrevue de Montereau (1419) le Duc de Bourgogne, Jean Sans Peur. Il rendait ainsi impossible, pour longtemps, toute réconciliation entre Armagnacs et Bourguignons.
    
    On peut aussi rappeler que les concepts de nation et le patriotisme n’étaient pas complétement formés en cette fin de Moyen-Age. La Guerre de Cent ans était au départ une querelle de succession, les rois d’Angleterre, descendants d’Isabelle, la « louve de France » (voir récit n°13 de « l’histoire des libertines » qui lui est consacré), réclamaient l’héritage de ...
    ... Philippe le Bel.
    
    Il ne s’agit pas d’exonérer Isabeau de ses responsabilités, juste de les relativiser et de les placer dans leur contexte.
    
    En ce qui concerne sa conduite, l’hypersexuelle que je suis ne peut évidemment que la voir d’un œil favorable. Je n’insisterai pas sur « l’excuse » qu’on lui donne généralement, à savoir que son époux avait des crises de démence de plus en plus fréquentes et qu’à cette occasion, il la battait. Je pourrais reprendre, en ce qui concerne Isabeau, ce que j’écrivais sur Messaline, à qui elle fut souvent comparée, y compris dans l’accusation de descendre dans les bas-fonds pour se faire saillir. On peut cependant estimer qu’Isabeau a eu bien moins d’amants que la sulfureuse épouse de l’empereur Claude.
    
    J’ai donc décidé de reprendre presqu’intégralement la fin du texte que j’avais consacré à celle qui fut « impératrice et putain » et de le reprendre pour Isabeau « la catin, la grande gaure », en remplaçant simplement « Messaline » par « Isabeau ». J’ai eu très peu de choses à adapter !
    
    Isabeau, comme avant elle Messaline ou Théodora, symbolise l'appétit de luxe, la soif du plaisir et l'esprit de lucre de la Cour, une sulfureuse, et même plus que ça, une belle coquine affamée de sexe , une insatiable, cruelle et tyrannique qui n’a cessé de faire fantasmer les hommes et les femmes au cours des siècles. Mais Isabeau ne vivait pas au temps de Messaline, où la sexualité était une activité saine. On n’était au Moyen-Age, où l’Eglise imposait sa ...
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