1. Histoire des libertines (14) : Isabeau de Bavière ou quand « une catin perd la France ».


    Datte: 12/01/2023, Catégories: Dans la zone rouge, Auteur: Olga T, Source: Hds

    ... prétendait qu’une des distractions de la reine était, à l’instar de Messaline, de se déguiser en prostituée avec quelques dames de sa suite et de se rendre dans les rues malfamés de Paris et de se livrer à la «bourdelerie», en s’accouplant avec des «voleurs et des meurtriers».
    
    La conduite libertine de la reine et de sa cour scandalisait les grands du royaume.
    
    Pour perdre Bosredon, le Duc de Bourgogne fit savoir à Charles VI que c’était l’amant de la reine. Un jour Louis de Bosredon qui revenait de Paris croisa sur son chemin le roi, tandis qu’il rejoignait le Bois de Vincennes. On dit qu’il salua ce jour-là, le roi d’une façon très cavalière, sans prendre la peine de descendre de son cheval, comme l’exigeait l’étiquette, ce qui ne fit qu’énerver le roi d’avantage. Furieux de l’affront que lui faisait cet homme qui le faisait notoirement cocu, le roi lança le prévôt de Paris Tanguy Du CHATEL et ses hommes à sa poursuite. C’est ainsi que Louis de Bosredon, fut arrêté et jeté à Paris dans les terribles cachots du Chatelet. A plusieurs reprises, il sera soumis à la question devant le roi. Ses biens meubles furent confisqués par le roi Charles VI et le père du condamné fut obligé de faire le nécessaire pour les remettre au roi. Bosredon aurait été longtemps retenu à Montlhéry, garrotté et enchaîné avant d’être noyé secrètement dans la nuit du 14 juillet 1417, enfermé dans un sac de cuir solidement cousu, lesté de pierres, avec pour inscription « laissez passer la ...
    ... justice du roi ».
    
    Puis, sur ordre de son époux, ou plutôt du nouveau dauphin, futur Charles VII, Isabeau dut partir pour Blois, puis pour Tours avec seulement quelques dames et serviteurs. Plus de confort, de mets délicats, de robes somptueuses et surtout, plus d’amants.
    
    C’est plus que la reine ne peut accepter ! C’est à ce moment-là qu’eut lieu le retournement d’alliances en faveur des Bourguignons, qui la font libérer.
    
    Si Isabeau a laissé une si mauvaise image, c’est qu’on a pris les sources de ses détracteurs, et que le XIXe siècle a toujours fait mal aux réputations des « mal aimés ». Isabeau n’était pas parfaite, femme cupide, versatile sur son comportement et ses choix politiques, mais on n’avait jamais appris à la petite princesse bavaroise à vivre avec un roi fou, faire l’arbitre pour les deux familles les plus puissantes du royaume, ni à gérer une guerre qui a duré cent seize ans.
    
    En tout cas, elle a prouvé qu'on savait s'amuser à cette époque, avec ces fêtes somptueuses, et ces nombreux amants.
    
    PEUT-ON REHABILITER ISABEAU ?
    
    Question provocatrice ! L’image d’Isabeau de Bavière est terrible et la cause semble entendue. La condamnation est unanime, du fait de ses débauches proverbiales, mais surtout parce le rôle politique qu’elle a joué, passant, y compris physiquement, d’Orléans à Bourgogne, entretenant donc la guerre civile. Les turpitudes d’Isabeau alimentaient les doutes sur la légitimité du Dauphin Charles, affaiblissant gravement la cause des ...
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