1. Histoire des libertines (14) : Isabeau de Bavière ou quand « une catin perd la France ».


    Datte: 12/01/2023, Catégories: Dans la zone rouge, Auteur: Olga T, Source: Hds

    ... qui en tombe éperdument amoureux et la choisit immédiatement pour reine, selon le chroniquer Froissart. Elle lui plaît immédiatement, il est envoûté par cette jeune fille qui ne parle pas un mot de français, mais dont le corps parle pour elle. Charles VI, tellement envoûté par la bavaroise, veut se marier à Amiens dans les trois jours, malgré l’insistance de son oncle bourguignon, qui voulait l’union à Arras. Mieux, il refuse la dot d’Étienne III et le cadeau de mariage de l’oncle d’Élisabeth. Si ce n’est pas de l’amour …
    
    Les contemporains décrivent la jeune Isabeau comme étant une jolie brune, de petite taille, au teint mat.
    
    Le mariage d'Isabelle et Charles VI en 1385 débute sous d'heureux auspices. Une fête splendide est donnée dans la capitale à laquelle assistent de nombreux nobles étrangers. Isabelle conserve sa suite auprès d'elle. Confinée volontairement, elle n'apprend que tardivement le français et ne visite jamais les provinces. Soucieuse de se préserver, elle amasse des richesses et dote ses proches. Elle donnera 12 enfants au roi, mais seulement quatre atteignent l’âge adulte.
    
    Le jeune couple s’adore et se le montre à toute occasion. Isabeau suit son époux dans la plupart de ses campagnes, et les époux se font de nombreux cadeaux. Tout ce que Charles VI offre, que ce soit une selle de palefroi, des bijoux somptueux, de la riche vaisselle ou des vêtements, tout est orné avec les chiffres de deux jeunes gens, entrelacés. Jusqu’aux jarretières ! Charles ...
    ... appose sa marque sur le corps de sa femme. Cette dernière aimait à combler son jeune mari de bijoux mais aussi de tableaux. Et quand ils ne sont pas ensembles, ce ne sont que longues lettres enflammées, montrant toute leur impatience de se revoir. Pourtant, malgré toute l’affection qu’il a pour sa belle, Charles n’est pas fidèle, bien au contraire. L’homme est doté d’une ardeur quasi-pathologique et va courir la gueuse dès qu’il en a le temps.
    
    LA FOLIE DU ROI CONDUIT A LA GUERRE CIVILE ET A L’INVASION ETRANGERE
    
    Le roi souffre par intermittence, depuis le 5 août 1392, de sérieux troubles mentaux et d’hallucinations. Cette dégradation évolutive de la santé mentale du roi justifia que le gouvernement du royaume soit mis sous la tutelle d’un Conseil Royal où siégeaient la reine Isabeau, ainsi que le duc Louis d’Orléans, frère du roi, et les ducs Jean de Berry et Philippe de Bourgogne, oncles du roi. Quand Philippe de Bourgogne mourut, ce fut son fils Jean sans Peur qui siégea au Conseil du royaume. Au lieu d’afficher une cohérence et une unité, ce Conseil Royal ne fut, de la part de ses membres, que sources de chamailleries, de mesquineries et de trahisons partisanes.
    
    La rivalité entre les deux partis s'accentue pour aboutir à une véritable guerre civile entre les Armagnacs, partisans de Louis d’Orléans et les Bourguignons.
    
    L’ADULTERE D’ISABEAU
    
    Lors de ses crises, le roi frappait parfois son épouse la reine Isabeau de Bavière. La jeune reine Isabeau se mit alors à ...
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