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Histoire des libertines (14) : Isabeau de Bavière ou quand « une catin perd la France ».
Datte: 12/01/2023, Catégories: Dans la zone rouge, Auteur: Olga T, Source: Hds
... Parisiens lui ont trouvé un surnom : « Isabeau la grande Gaure », autrement dit « Isabeau la grosse truie ». Si la reine prend sans doute pour amant Louis d’Orléans, l’homme le plus puissant du royaume, les deux rivalisent de richesses à la Cour, au point que Jacques Legrand, moine augustin, a décidé de prêcher devant la reine l’Ascension 1405. Isabeau aime le luxe, les bijoux et les beaux vêtements, et comme une souveraine se doit être la vitrine de ce qui est à la mode, tout le monde la suite : nouvelle mode, nouvelles coiffures et de plus en plus de peau montrée : la gorge, les épaules et même une sacrée échancrure entre les seins. Le moine lui dira « La déesse Venus règne seule à votre cour ; l’ivresse et le débauche lui servent de cortège. » Brantôme disait de Louis d’Orléans qu’il était un grand débaucheur des dames de la cour et toujours des plus grandes. Un soir le roi Charles VI qui n’avait pas toute sa tête, errait dans le château et alla dire bonsoir à son frère le duc d’Orléans, qui occupé à besogner la reine, ne s’était même pas arrêté. Cette dernière avait la tête sous les couvertures et le roi ne la reconnut pas, bien au contraire : il se joignit à la séance de jambes en l’air. Son frère lui avait juste demandé, par respect pour cette grande dame, de ne pas retirer la couverture sous laquelle elle dissimulait son visage. La popularité d’Isabeau déclinait : en prenant le parti des Armagnacs, elle avait attisé la colère des Bourguignons, les diverses ...
... rumeurs à son sujet couraient. On l’appelait la Grande Gaure, persuadée de son grand nombre d’amants et que son hôtel de Barbette n’était qu’un lupanar géant. De plus, ses nombreuses grossesses et son train de vie lui avaient donné un très fort embonpoint, la jeune femme charmante arrivée en France, avec sa peau pâle et ses cheveux noirs, n’existait plus. Elle se retira d’abord à Vincennes où elle vécut avec une petite cour, protégée par des chevaliers débauchés. Autant dire qu’un baisodrome n’aurait pas été moins scandaleux ! Isabeau a eu autant d’amants que possible. Parmi les noms qui furent cités, le vidame de Maulle, Lourdin de Saligny, Pierre de Giac (1377-1427), qui sera ensuite ministre de Charles VII, Georges de la Trémoille (1384-1446), futur conseiller de Charles VII et ennemi de Jeanne d’Arc. Le plus célèbre des amants d’Isabeau, de par la punition que lui fit infliger Charles VI, fut Louis de Bosredon. LA VENGEANCE DE CHARLES VI Le connétable Bernard d’Armagnac, et le prévôt de Paris, Tanguy du Chatel, décident de mettre un terme aux intrigues d’Isabeau et de son amant Bosredon, 1er écuyer de la reine. Bosredon était le principal compagnon de débauche d’Isabeau, c’était aussi le plus dépravé, l’organisateur, et l’instigateur de toutes les orgies. Bosredon était grassement payé par la reine qui était fort riche. Isabeau, qui était probablement très amoureuse, donnait à son amant Bosredon d’importantes sommes d’argent et des joyaux. Une rumeur ...