1. Douce descente aux enfers (5)


    Datte: 24/11/2022, Catégories: Hétéro Auteur: Poivreetsel

    Devant la porte de la chambre d’hôtel, je respire profondément et ferme les yeux lorsque je frappe. L’homme qui ouvre est carré de partout. Et il mesure près de deux mètres. Un véritable colosse à la peau noire. Une force de la nature. Même ses cheveux, hormis quelques fils d’argent sur les tempes, sont encore noirs et drus. La coupe en brosse, les maxillaires à angle droit, le nez épaté, tout cela me fait penser qu’il ressemble vaguement à un sanglier. Du moins pour ce qui concerne la tête. Parce que pour le reste, comme je le verrai rapidement, c’est plutôt à un gorille qu’il s’apparente, avec cette toison noire façon moquette qui lui tapisse la poitrine, les omoplates et sur le bas-ventre. À ce niveau là, en revanche, c’est à la famille des taureaux qu’il appartient.
    
    Galamment, il m’aide à me débarrasser de mon manteau de fourrure en entrant dans la chambre.
    
    J’apparais dans la « tenue de travail » souhaitée par Antoine : escarpins vernis surélevés, bas résille à jarretières brodées de rouge en plus des porte-jarretelles retenus par la guêpière étroite à tiges. Pas de culotte et les nichons libres, c’est le contrat. Tout a été minutieusement organisé.
    
    Mes pensées se bousculent, un curieux sentiment de honte envers moi-même. La peur de paraître idiote à mes propres yeux.
    
    — Ma vieille, puisque tu as fait la conne, je me dis, maintenant tu dois payer...
    
    Après tout, je ne suis pas pucelle, et ce que ce type s’apprête à me faire, d’autres auparavant me l’ont fait ...
    ... sans que je songe à protester, bien au contraire. Qu’est-ce que je risque à me prêter à son bon plaisir ? Ce serait même amusant, en fin de compte, plus tard, de me vanter d’avoir joué à la pute.
    
    Je parle bien de faire la pute, car le service que j’ai accepté de rendre à Antoine, c’est de rendre le séjour d’un de ses clients plus agréable. Antoine dirige une boîte proposant des systèmes de sécurité aux entreprises. Et ce soir, c’est un client toulousain que je dois amadouer. Un gros contrat pour Antoine, il ne peut pas se permettre de passer à côté. Je dois dire que j’ai hésité quand il m’a exposé le service demandé. Il a exercé sur moi un chantage affectif, et a beaucoup insisté sur le fait que j’avais dit oui sans plus réfléchir à sa demande de service.
    
    Mon client affalé dans le profond canapé me dévore des yeux tout en buvant d’une traite la coupe de champagne qu’il a saisie en s’asseyant sans même m’en proposer une.
    
    — Combien ?
    
    Surprise par cette question directe, je prends une longue inspiration, ce qui a pour effet de faire saillir encore un peu plus mes appas dans le balconnet de ma guêpière.
    
    Pourquoi me pose-t-il cette question, il n’a jamais été question d’argent. Pour gagner du temps, je me penche pour resservir du champagne à mon client. On dirait un hippopotame tellement il est énorme. Et un hippopotame ruisselant de transpiration.
    
    Je me cambre, bouche arrondie.
    
    — Pige pas, bébé, le prix a été fixé, non ?
    
    Le Noir se met à rigoler en faisant ...
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