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Looking for Manara. Chapitre I. La fille du train.
Datte: 18/11/2022, Catégories: A dormir debout, Auteur: Iovan, Source: Hds
Looking for Manara Cinq personnages en quête d'auteur. Chapitre1 La fille du train. Je me trouvai, debout, hébété, près de la porte de communication, juste avant le premier compartiment, dont tous les rideaux étaient tirés. Un train ! J'étais dans un train ! Qu'est ce que je faisais dans un train...? Où allait-il ? Dehors, c'était une nuit d'encre, hachurée de temps à autre, par la tache blanche, aveuglante, d'un feu de sémaphore, avalée tout aussitôt qu'apparue, ou rehaussée par le trait de pinceau, vite estompé, d'un pâle faisceau lointain. A l'intérieur, régnait une pénombre transparente, dont le calme, teinté par le lavis de la lumière bistre des veilleuses, contrastait avec l'obscur vacarme, qui semblait régner, au dehors. Qu'est ce que je foutais dans ce train de nuit, qui m'emmenait nulle part ? Je n'avais le souvenir de rien ! Les sensations qui me parvenaient, étaient étranges, dans un vertige... gommées par une brume... J'avais mal à la tête, comme si j'avais bu ! Bien sûr ! Hier soir, j'avais bu. Et comment, on avait bu! Nous étions avec toute la bande, et on fêtait l'anniversaire de... Comment s'appelle t-elle, déjà... ? C'est pas vrai... ! Je l'ai baisée ! Je devrais, au moins, me souvenir de son nom... Oui, c'est ça ! Voilà ce qui n'allait pas. Je réalisai, que je ne percevais qu'un bruit blanc. De ce train, ne me parvenait aucun bruit. Aucun son identifiable , sinon une espèce de chuintement inaudible, mat et plat. Comme un ...
... long sifflement ...sans que ça siffle...C'est pas vrai... ! Que j'ai chaud ! Je ressentais bien les secousses rythmiques, qui font un des charmes du voyage en train, mais je n'entendais pas leur bruit caractéristique : tatam -tatam... tatam- tatam, que j'aimais tant, quand j'étais gosse. Pense pas à quand t'étais gosse ! Surtout, garder son calme, pas d'émotion ! Maîtrise ! La perspective du long couloir se mit à osciller de droite, de gauche, encore et encore, sortant du cadre... les fuyantes se mettaient à onduler...il n'y avait plus rien de construit ...! J'allais vomir ! Il fallait que je ferme les yeux. Les yeux, tout passait par les yeux, si je maîtrisais la vision , j'étais sauvé ! J'y parvins et, effectivement, tout se calma, presque instantanément. J'entendais toujours ce même bruit blanc, en fond, mais petit à petit, je retrouvai mon calme. Combien de temps suis-je resté là, prostré, dans cette zone ouatée et vide ? Toujours ce balancement immobile... ! Je décidai de rouvrir les yeux. Ce que je pus faire, sans avoir à fournir d'effort. Que se passa t-il, autour de moi, pendant ce temps ? Rien...Je n'en savais rien. Il me fallait trouver quelqu'un, un contrôleur, un simple voyageur, quelqu'un à qui parler, qui puisse me renseigner, au moins, sur la destination de ce foutu train. Ça ne m'était pas encore venu à l'idée, mais j'eus soudain l'impression d'avoir perdu la mémoire. Non, ça n'était pas ça, je me souvenais, quand même, de ce que ...