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Après l'aube... un jour nouveau !
Datte: 18/10/2022, Catégories: nonéro, Auteur: Jane Does, Source: Revebebe
... bien tout compris ? — Oui Madame. — Tu peux dire Mathilde. Tu vas faire un peu partie de la famille désormais. Pour les sous… nous enverrons chaque mois les trois quarts de ton salaire à Madeleine. C’est dans le contrat que nous avons avec ta mère. Le reste… tu le placeras ou nous le ferons pour toi. Une fille doit avoir une dot pour se marier. Là encore, tu es bien d’accord ? — Oui Madame Mathilde — Alors, tape là ! Ton boulot, c’est de t’occuper de la cuisine, de la traite des vaches le matin et le soir, et tu devras aussi faire la lessive, tenir la maison propre avec moi ! — Bien Madame. — À la bonne heure ! Tu as entendu Marius. — Oui femme ! Ça me va si ça te va. L’affaire est faite donc ! La fourgonnette du marchand de bestiaux est repartie, je suis restée. Ma chambre est sous le grenier à foin. Il y a des bruits bizarres la nuit. Un grand-duc m’a dit le père Blanquet. Je sais pas ce que c’est, moi, cette bestiole. Mais tant que ça peut pas venir dans ma chambre. Il y a déjà des souris… et puis ça fait une semaine que je suis là. Pour les traites des vaches, tout va bien. La cuisine aussi je sais faire. Mathilde est toujours sur mon dos. Elle passe sa vie à râler. Oh bien sûr pas seulement après moi ! Puis il y a les regards de son homme. Elle s’en est aperçue, qu’il me reluquait trop souvent. Alors elle grogne de plus en plus après lui devant moi. Je sens bien qu’elle pense que je fais tout pour attirer ses quinquets. Comme s’il avait besoin de ça pour ...
... caresser des prunelles toutes les femmes qui passent à la ferme. Celles qui viennent aux œufs, celles du lait aussi, avec leur pot de camp. Il a la moustache qui frémit dès qu’une de ces dames rapplique. Je le crois un peu satyre le Marius. Comment dire ça à Mathilde sans qu’elle me prenne en grippe ? — xxxXXxxx — Le papier sous ma main, celle qui trace avec le crayon de bois des lignes pour qui ? Celui qui voudra les lire. Je m’en fiche. J’ai froid, je tremble et mon écriture est moche. Au bout de quinze phrases, j’ai tout dit. De toute façon, ils s’en moquent tous, ils ne m’ont jamais vraiment crue ou écoutée. Alors ce papelard… — Vous vous changez, Suzanne, s’il vous plaît ? Bien cérémonieuse la directrice dont le visage est plus blanc que le mien d’un coup. Encore un autre effort. Mes jambes sont toujours en coton. Ma liquette… je dois la retirer pour en passer une plus propre ? Et je repars dans mon cauchemar. — xxxXXxxx — Vingt et un ans… ça se fête ? À la ferme jamais personne n’en parle des anniversaires. Mais comme c’est moi qui popote, j’ai fait un gâteau. Une jolie tarte avec de la rhubarbe fraîchement cueillie. De longues tiges rouges acidulées, et la cassonade qui recouvre ma migaine donnent une couleur dorée à cette roue délicieuse. Tout le monde mange de bon cœur ! Mathilde aussi a l’air fatiguée, mais elle avale mon dessert. Vingt et un ans et je n’ai pas revu maman. Tous les mois, Mathilde donne un mandat au facteur pour elle. Pas de nouvelles, ...