1. Après l'aube... un jour nouveau !


    Datte: 18/10/2022, Catégories: nonéro, Auteur: Jane Does, Source: Revebebe

    ... jamais une lettre.
    
    — Elle est vachement bonne… ta tarte, Suzanne ! Dis-moi, c’est pour une occasion particulière ?
    — Non ! Non, Monsieur.
    — Bon ! Laisse Suzanne tranquille, Marius.
    — Occupe-toi de tes affaires, femme ! Ressers-moi donc un canon, Suzanne.
    — Pour ce qu’elles sont devenues tes affaires, mon pauvre bonhomme… et toi, va faire la vaisselle au lieu d’aguicher ce vieux fou. Il n’est même plus capable d’être un vrai mari.
    — Tu n’y mets guère du tien non plus… regarde-toi donc dans un miroir, Mathilde !
    — Ouais ! J’ai pas une taille de guêpe de certaine, moi… mais si tu t’avises de tourner autour de notre bonniche, tu pourrais le regretter.
    — Silence ! Ici c’est moi qui commande.
    — Ben, tiens donc… les sous, ce sont aussi les miens. Ceux de ma famille. Sans eux nous serions encore des traîne-misère à faire les mendiants… comme cette guenon que tu admires tellement.
    — Tu vas te taire oui ? Sinon…
    — Sinon quoi ? Tu vas me rosser ? Il ferait beau de voir ça !
    — Je vais me coucher…
    — Oui… sur le grenier… je ne te veux pas dans mon lit cette nuit, vieux dingo. Tu as trop bu de pinard, alors va cuver ailleurs !
    
    Marius a quitté la cuisine en claquant la porte. J’ai fini mon ouvrage depuis un bon moment et là-haut, au-dessus de ma tête, je me suis habituée à ces bruits du chat-huant ou du grand-duc. Mais ce soir, il en est d’autres qui m’inquiètent bien plus. Il toussote le Marius, je crois que c’est ce que je perçois juste avant de m’endormir.
    
    — Suzanne ! ...
    ... Suzanne, tu dors ?
    — … ?
    — Eh ! Suzanne ? Tu dors oui ou non ?
    — Quoi ? C’est vous Monsieur ?
    — Ben oui… c’est pas le hibou…
    — Mais qu’est-ce que vous faites dans ma chambre… si jamais Mathilde…
    — Elle ronfle à cette heure. C’est une grincheuse… tu la connais bien, non ! Plus gueularde que méchante.
    — Oui ! Mais qu’est-ce que vous me voulez au milieu de la nuit ?
    — Ben… elle a raison tu sais, tu es superbe. Et je suis un homme, malgré ce qu’elle raconte.
    — Je m’en fous moi ! Ce sont vos histoires, pas les miennes.
    — Oh ! Tu ne cries pas ! Ici c’est encore moi le patron que je sache. Tu n’as pas envie de te retrouver à la rue avec ton baluchon… alors tu as intérêt à être gentille.
    — Mais… vous devenez fou, ma parole… si vous approchez je crie !
    — Ben, vas-y ! Et tu vas vite comprendre que Mathilde ne t’a pas aussi à la bonne que tu le crois. Elle va te virer plus vite que tu le voudrais.
    — Foutez-moi la paix. Je suis payée pour travailler toute la journée. Pas pour m’allonger devant vous et écarter les cuisses. Vous êtes mon patron, pas mon mari. Et puis vous avez une femme, alors allez forniquer avec elle. Laissez-moi tranquille sinon j’irai me plaindre aux gendarmes… demain.
    — Attends !
    
    Il est contre moi et je le repousse. Ce saligaud est tout nu, mais dans la nuit, je ne le savais pas. Mes doigts en le repoussant griffent sa peau et il crie. Sa main, je la prends sur la figure. Merde… il est devenu fou. Je le repousse une fois de plus, mais il revient à la ...
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