1. Après l'aube... un jour nouveau !


    Datte: 18/10/2022, Catégories: nonéro, Auteur: Jane Does, Source: Revebebe

    ... fixent le mur dans mon dos. J’ai du mal de me lever. Mes jambes… pourquoi semblent-elles ne pas vouloir soutenir le poids de mon corps ? Je fais un effort. Assise sur le rebord de mon bat-flanc, je ne saisis pas ce qui se passe.
    
    — Suzanne ! Il va falloir y aller !
    
    — xxxXXxxx —
    
    — Suzanne ! Il faut que je te dise…
    
    C’est maman Madeleine qui me cause. Elle est lasse, et ses joues sont ruisselantes de larmes. Pourquoi pleure-t-elle puisque tout le monde dit que c’est mieux que papa soit parti ? J’ai mal aussi au fond de ma poitrine de son départ, mais s’il est mieux là où il est…
    
    — Je suis désolée, ma chérie… je n’ai plus de sous et tu vas devoir entrer en maison. Les « Blanquet », ils ont besoin d’une fille de ferme. Tu commences demain, Suzanne !
    — Demain ? C’est loin, chez eux non ?
    — Ils viennent te chercher avec Théodule.
    — Le maquignon ? Je vais monter dans sa bétaillère ?
    — Oui, ma chérie. Tu me promets de bien faire ton ouvrage, de bien obéir à tes patrons ?
    — Ils vont me payer pour travailler ?
    — Oui Suzanne ! Un peu d’argent pour moi et le reste pour toi. Dès que ma situation s’améliorera, j’irai te reprendre. Il me faut seulement un peu de temps. Tu comprends, dis, tu comprends ?
    — Ben… oui maman. Ne pleure plus, je ferai comme tu dis.
    
    — xxxXXxxx —
    
    — Suivez-nous Suzanne ! Allons, faites un petit effort. Nous n’allons pas vous porter tout de même.
    
    La voix est pincharde. Mais je lis dans les yeux et sur la bouille de la directrice qu’elle ...
    ... n’est pas à l’aise. Si elle savait comme j’ai du mal pour me remettre sur mes jambes. Elles sont toutes molles. Pourtant je ne suis pas si lourde. J’ai peur ! Horriblement peur et je crois que je n’arrive pas à retenir mon pipi. Une des autres femmes tient un vêtement bien plié. Le même que celui que je porte, mais propre celui-ci.
    
    Je suis dans le couloir. Comme c’est difficile de marcher, encadrée par toutes ces têtes qui ont l’air d’épouvantails. À croire qu’aucune n’a dormi vraiment cette nuit. Il est long ce corridor ? Pas assez à mon avis. Et un petit local accueille mon étrange équipage. Une table, une chaise, la directrice, une seule dame et moi, nous restons là. Celles qui nous accompagnaient sont derrière la porte. Sur la table, une feuille ! Identique à celle du médecin… le matin de la mort de papa.
    
    — Si vous voulez écrire à un de vos proches… vous pouvez le faire !
    — …
    
    — xxxXXxxx —
    
    Marius et Mathilde Blanquet, mes nouveaux patrons sont sur le pas de leur porte. Ils attendent la servante que je suis. Théodule tient mon baluchon et il boit un coup de pinard. La patronne est bien enveloppée, des hanches larges et la voix haute. Elle me juge, me jauge, me reluque sous toutes les coutures.
    
    — Bon ! Suzanne… ici il y a de l’ouvrage pour les gens qui ne sont pas fainéants. Tu auras droit au gîte et au couvert. Et nous te paierons si tu fais bien ton travail. Tu ne voles pas, tu ne te mêles pas de nos affaires, tu fais ce que l’on te demande de faire. C’est ...
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