1. Balbutiements (2)


    Datte: 04/10/2022, Catégories: Erotique, Auteur: Anthynéa, Source: Xstory

    ... mes loisirs, mes passe-temps.
    
    — Eh bien ! Monsieur me fait sa petite crise ? Tu sais bien que la pêche et moi...
    
    Il rit de nouveau et j’ai droit à une claque sur les fesses, plus sonnante que douloureuse.
    
    — Frappe-moi encore et je divorce.
    
    — Si tu veux un bon avocat, j’en connais un très bien !
    
    — Mais je suis capable de me défendre toute seule. Et puis les conseils ne sont là que pour soutirer de l’argent aux pauvres malheureuses comme moi...
    
    — Il faut bien également qu’ils paient les achats compulsifs de leurs épouses... tu sais celles qui ont la folie des grandeurs.
    
    — Parce que pour vous cher Maître, un piano c’est le must de la bourgeoisie ? J’imagine bien que vous préférez le violon au piano pour des raisons plutôt... pénales.
    
    — Elle est bonne celle-là. Madame Claude fait de l’humour... on aura tout vu. Je suis un mari délaissé...
    
    — Et bien qu’est-ce que ce sera lorsque je ne voudrai plus que tu me tripotes...
    
    — Ça n’arrivera jamais. Tu es bien trop nymphomane pour cela...
    
    — On dit cela, on dit cela... et puis on tombe de haut !
    
    Il m’a de nouveau attrapée par le bras. Et nos lèvres se ressoudent, toujours avides de retrouvailles aussi spontanées ! Mais pour les galipettes, il devra se faire à l’idée que je ne veux plus... que pour l’instant, j’ai eu ma ration. Je travaille encore une bonne heure sur mon meuble. Et il reprend déjà des couleurs plus vives. Le bois doit encore sécher pour que je puisse le cirer. Il me revient à l’esprit ...
    ... la phrase de Michel :
    
    —Le tiroir du milieu n’est pas de la même longueur que les deux autres de chaque côté ?
    
    Je me mets donc à genoux pour inspecter l’intérieur de l’armature du secrétaire. Et aussi bizarre que cela puisse paraître, je découvre qu’il avait raison. Je tâte un peu partout sans trop comprendre à quoi peut servir cet espace non utilisé.
    
    En tapotant sur le caisson qui se trouve en butée de l’emplacement du tiroir, j’entends bien que ça sonne le creux. Une cachette secrète ? Il n’en faut guère plus pour me faire rêvasser. Mon esprit un peu fantasque se retrouve à la fête. Et je tripote un peu partout. Pas moyen de découvrir un endroit, un mécanisme permettant d’ouvrir ce casier qui peut-être détient un secret. Alors de guerre lasse, j’abandonne en songeant qu’il doit finalement s’agir d’un renfort pour que la structure de bois ne travaille pas trop. Et j’abandonne mes songes de pièces d’or cachées ou de bijoux perdus...
    
    À l’extérieur, le ciel est d’un bleu profond. Pas de nuage, pas de vent. Je devine, sur le bord du lac, le scion de la canne à pêche de mon mari. Je me décide donc à aller voir mon pêcheur qui se fait plaisir. Mais il est lui aussi de repos et ma foi, nous occupons nos temps libres de la manière qui nous convient le mieux. Il a sans doute déjà perçu mon pas pourtant léger. Et il me fait signe de ne pas faire de bruit.
    
    — Ça va, tu as pris notre souper ?
    
    — Non ! Pas encore, mais tu vois là...
    
    — Quoi ?
    
    — Là, sur cette seconde ...
«12...4567»