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Balbutiements (2)
Datte: 04/10/2022, Catégories: Erotique, Auteur: Anthynéa, Source: Xstory
Je surveille la route depuis la fenêtre de la bibliothèque à chaque bruit de moteur qui ralentit. La ferme du moulin est tout de même éloignée de près de cinquante kilomètres, alors Michel ne va pas rentrer de suite avec son précieux chargement. Je dois absolument m’occuper l’esprit pour ne pas tourner et virer dans la maison sous l’impulsion de mon émotivité trop intérieure. Pas moyen de lire, manque de concentration, due au fait de savoir que mon rêve le plus puissant de toute une vie est en route vers sa réalisation. Alors, il me vient une idée... Sur mon ordinateur, je tape : « Facteur de pianos. Accordeur de pianos ». La liste n’est pas très fournie. Je note toutefois quelques numéros pas trop loin du lieu de notre résidence et je me dis que j’appellerai lorsque j’aurai récupéré mon téléphone dont mon petit mari se sert pour l’itinéraire. Je suis tellement anxieuse que je finis par me dire qu’une douche ne peut que me faire du bien. Sans aucune hésitation, je me déshabille et je passe dans la salle de bain. C’est avec la cuisine, un de mes endroits favoris. Une bonne manière de tuer cet énervement qui me gagne au fur et à mesure des minutes qui passent. Il ne m’est pas possible décemment de me confiner toute la matinée dans cette unique pièce. Donc je reviens dans la cuisine pour y préparer notre déjeuner. Entre trop de sel et pas assez de farine, je parviens finalement à concocter de quoi remplir nos estomacs ce midi. Et les secondes continuent de s’égrener une à ...
... une et chaque ralentissement sur la route qui contourne le lac me fait sursauter. L’attente peut parfois devenir pesante. Enfin à douze heures trente... ce n’est pas le bruit de la voiture de Michel qui m’alerte. Non ! C’est celui du portail qui roule sur le côté pour ouvrir le chemin qui mène à la maison. Je trépigne d’impatience. La berline glisse sur le côté de la maison et derrière elle, un poids lourd manœuvre en marche arrière pour venir se mettre « à cul » de la porte-fenêtre de la salle à manger. Le chauffeur est un virtuose et sa machine arrive pile-poil au centimètre près, là où il veut la mettre. Michel est près de moi. — Ben ma belle, ce n’était pas une mince affaire à monter dans le camion... il a d’abord fallu le descendre du grenier. Ça pèse un poids de chien ton truc. Enfin tes machins parce que le secrétaire n’est pas mal non plus. Tu verras, nous avons dû scotcher les tiroirs pour qu’ils ne branlent pas dans tous les sens. — Vous n’avez rien cassé ? Ça s’est bien passé ? — Oui... ces gars-là sont de véritables « pros ». On laisse le secrétaire à l’atelier ? Il a besoin d’être rafraichi. — Oui... mais pour le piano peut-être est-ce mieux de le mettre en place dans la bibliothèque tout de suite, comme ça, il n’aura plus à bouger... — Il est en parfait état ! Excepté la poussière et les habitants indésirables... — Les quoi ? — Ben, les araignées et autres bestioles... — Je vous prépare l’apéritif ? — Oui ! Ce ne sera pas du luxe et ...