1. Le temps qui s'arrête


    Datte: 07/09/2022, Catégories: f, fh, inconnu, amour, Masturbation Oral pénétratio, portrait, rencontre, Auteur: Jane Does

    Il est vingt-deux heures quinze lorsque le téléphone fait sursauter Hélène. Elle relève la tête de la fiche sur laquelle elle s’escrime depuis plus d’une heure. Sa patte fine se tend vers l’ébonite qui grelotte. Aussitôt le tintement s’arrête.
    
    — Le greffe, j’écoute !
    — Ah Cheffe ! Les arrivants sont là.
    — D’accord ! Vous avez prévenu l’équipe de nuit ?
    — Oui ! Le bricard arrive avec ses gars. Il y a quatorze bonshommes dans la navette.
    — Merci.
    
    Le silence est revenu. Pas tout à fait. Au vu des paroles du portier, le greffe de la maison d’arrêt va s’animer dans quelques secondes. Déjà une cavalcade dans les escaliers qui donnent sur la salle de repos des surveillants. Les gars renseignés par le préposé au sas d’entrée sont pressés d’en finir avec la horde de personnes qui vont cette nuit coucher en prison. Hélène vient de sortir des fiches et des dossiers. Une quinzaine pour ce flot de pauvres types qui sont dans le camion des flics.
    
    Puis c’est un énorme brouhaha qui interfère avec les oreilles de la femme qui va devoir recevoir un à un ces nouveaux, souvent paumés par ce qui leur arrive. Le premier à descendre les escaliers métalliques qui donnent sur le « bar » du bureau d’Hélène est un uniforme bleu comme celui des surveillants. Mais il s’agit là d’un policier. La valise qu’il tient à la main renferme les titres de détention de chacun des hommes qui sont dans le véhicule. Et une seconde mallette va ensuite après le travail d’écrou, déverser une paperasserie ...
    ... que la greffière devra inventorier.
    
    Les juges font transiter toutes leurs ordonnances par le biais de cette navette et c’est chaque soir le même cinéma. Bon là, il s’agit d’un vendredi soir et de ce fait, la maison poulaga a vidé ses cages du commissariat dans la perspective d’un long week-end qui se profile à l’horizon. Quant à Hélène, la responsable de l’écrou du greffe de cette baraque, elle a donc du pain sur la planche. Et comme c’est la règle, celui ou celle qui prend la permanence de fin de semaine ferme le vendredi soir. Ce qui explique la présence de la quadragénaire à son poste.
    
    — Salut Hélène ! C’est toi qui te tapes le week-end ?
    — Bonsoir Jacques. Ben, chacun son tour ! Alors qu’est-ce que tu m’amènes là ? Il y a des trucs spéciaux ?
    — Ouais. Deux « interdictions de communiquer ». Une histoire de stups et ce sont ces deux mandats de dépôt là.
    — OK ! Sinon dans le courrier ?
    — La greffière du juge Rouleau… y a mis une ordonnance de libération provisoire ! Elle m’a dit de te dire qu’elle ne prenait effet que demain et elle est subordonnée au paiement d’une caution.
    — C’est un ange cette greffière. Elle et son juge… dommage que nous n’en ayons pas plus qui soient aussi aimables envers nous.
    — Bon ! C’est pas tout cela… tu signes mon carnet de transfert que je rentre avec mes gars.
    — Je signe la réception des… attends Jacques ! Eh ! Surveillant, il est où votre gradé ?
    — Ah, bonsoir madame… il est là. Il compte les bonshommes et fait l’appel. Il va venir ...
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