1. « Matrone et Domina, une patricienne hypersexuelle dans la Rome impériale » (1) : l’éducation de Tullia


    Datte: 01/09/2022, Catégories: Dans la zone rouge, Auteur: Olga T, Source: Hds

    ... servante Lucia, un détail qui, nous le verrons, aura son importance.
    
    LECTURES ET DECOUVERTES
    
    Marcus pense bien connaître sa fille adorée.
    
    Il ignore l’autre face de la personnalité de Tullia, celle qui va peser lourdement sur sa destinée. Il s’agit de la sensualité de la jeune fille, qu’elle va découvrir dès sa puberté, au moment où, d’enfant, elle devient adolescente. Elle est désormais une jeune femme, à une époque et une société où l’âge légal du mariage pour une fille est de douze ans. La majorité des jeunes filles étaient fiancées à 10 ans et mariées entre 12 et 15 ans. Tullia était donc une exception, car Marcus n’a jamais songé à la marier aussi jeune, lui qui veut garder après de lui celle qui est sa joie de vivre, son rayon de soleil comme il l’appelle. Quand certains de ses amis ont osé lui dire qu’il était temps de penser à trouver un mari pour la dernière des Tulii, Marcus les avait rabroués, leur disant qu’elle n’était qu’une enfant, qu’elle avait le temps. Ce n’est pas seulement par rigorisme que Marcus tient Tullia loin du regard des hommes, c’est d’abord parce qu’il veut retarder le plus possible son départ de la maison.
    
    Tullia est une passionnée de lecture, comme son père. Elle dévore les ouvrages qu’il possède et dont il ne veut pas se séparer, fier de sa bibliothèque, malgré une situation financière qui ne cesse de se dégrader.
    
    Marcus n’entend pas contrôler les lectures de sa fille. Il veut qu’elle développe son esprit de curiosité et sait ...
    ... qu’elle est assoiffée de savoir. Il n’y a pas au sein de la famille de mère qui pourrait veiller aux lectures de Tullia et il n’y a plus désormais de précepteur qui aurait pu également la mettre en garde. Marcus est convaincu que l’éducation classique qu’elle a reçue sera suffisante pour la préserver de toute mauvaise influence. Il se trompe lourdement.
    
    Tullia avait déjà découvert les ouvrages du poète Catulle (-84/-54) et notamment ce qu’il écrit sur sa liaison difficile avec Lesbie (Lesbia), en fait Claudia, épouse du consul Quintus Metellus Celer. Le poète exprime dans plusieurs de ses pièces son déchirement devant l'envie de quitter cette muse aux mœurs très volages, soupçonnée par ailleurs d'avoir empoisonné son époux en -59, de nourrir des relations avec plus de 300 amants et d'entretenir une relation incestueuse avec son frère - et la passion dévorante qu'il éprouve jalousement.
    
    Tullia aimait aussi les élégies du poète Tibulle (-50/+19), où il chante ses amours tumultueuses pour deux femmes, Délie et Némésis. Elle avait aussi apprécié les élégies du poète Properce (-47/-14) et son amour pour Cynthia, la femme qui allait l'inspirer et féconder son génie poétique.
    
    La jeune fille va s’identifier à ces femmes et notamment à l’infidèle et volage Lesbie.
    
    La lecture qui la marquera le plus fut cependant celle des ouvrages d’Ovide (-43/+17) et notamment « l’Art d’aimer », qui valut au poète d’être exilé par Auguste à Tomis, sur les bords de la Mer Noire.
    
    L'image du ...
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