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Histoire de fesses (2)
Datte: 29/08/2022, Catégories: Divers, Auteur: charimarien, Source: Xstory
... m’opérer, je m’en réjouis. Une main se pose sur moi, je la reconnais, c’est celle de ma femme. Où sont mes anges ? — Madame, il était si heureux de se sentir revivre. — Il le sera davantage après l’opération. Qui parle près de ma femme, mon ange ? Oui, c’est elle. À l’entendre, ma femme ne semble pas jalouse, pas même rancunière. Si je pouvais ouvrir un œil, rien qu’un. Mais mon corps refuse tout ordre que je lui donne. On me pique, je me sens bizarre, comme si je planais au-dessus des nuages. J’entends la voix de ma femme qui raconte notre vie à cet ange, mon petit ange. Mes yeux s’ouvrent sur trois visages de femmes tristes. D’un geste peu assuré, je prends une main, mon petit ange se penche sur mon visage, s’exclame que je reprends vie. Sa bouche se dépose furtivement sur la mienne. Trois bouches baisent ma bouche. Ma femme semble particulièrement émue. Je peine à la reconnaitre après toutes ces dernières années sans me voir. Un homme en blouse blanche prend mon pouls. Il rassure, mon cœur va mieux. — On va vous opérer, vous remettre en état de marche. Nous avons d’excellents plombiers pour vous changer vos artères. — Une bonne révision ne me ferait pas de mal, toubib. — C’est exactement ce que nous allons vous faire, une révision des quarante ans avec trois ans de retard. Comment vous sentez-vous ? — Merveilleusement bien, j’ai trois anges qui veillent amoureusement sur moi désormais. Ma femme, je te demande de ne pas m’en vouloir. J’aime ces deux ...
... femmes. Grâce à elles, je suis revenu à la vie. Même si j’ai risqué de tout perdre. — Je ne leur en veux pas. C’est moi qui m’en veux. Elles m’ont tout raconté dans les moindres détails. — Merci mes anges, mille mercis à vous deux. Femmes, je vous aime. — Tu sais mon beau fesseur, nous allons, toutes les trois, t’attendre. On m’emmène, mon lit se faufile dans les méandres des couloirs de cet hôpital. Devant moi, des portes s’ouvrent, nous descendons dans les profondeurs. Une voix me demande pourquoi cette jeune femme m’avait appelé le fesseur. Je souris, lui réponds parce qu’elles aiment que je les fesse avec amour. Un visage se penche sur le mien, un charmant visage plus tout jeune. Ce visage me sourit, me traite tendrement de vicieux personnage, un compliment en somme. Puis, dans cette pièce bruyante, on me part de tuyaux, de fils, on me pique, on me retire ma chemise, on me couvre, je m’endors. Autour de moi, des bips, des clics, des bings. Je ne sais où je suis, ni depuis quand. Une voix dit que je reviens, mais depuis où ? — Vous pouvez bouger ? Je bouge une main, du moins, il me semble. La voix fait : « Pas encore, il est encore dans le brouillard. » J’écoute sans pouvoir répondre. On m’informe que je suis en salle de soins intensifs, que l’opération s’est bien déroulée, que j’ai trois artères toutes neuves. J’en suis heureux au fond de moi en pensant à mes anges. Les jours s’égrènent, je reviens à la vie petit à petit. Si je ne peux encore me ...