1. La Vicomtesse


    Datte: 17/08/2022, Catégories: fh, fhh, hplusag, extracon, campagne, voyage, amour, Masturbation pénétratio, double, fsodo, historique, historiqu, initiatiq, Auteur: Roy Suffer

    La famille Du Fermoir de Montsac, vieille noblesse périgourdine, ne menait plus grand train depuis de nombreuses années. Oublié ou presque le château de province, proie des infiltrations et des lézardes, il coûtait beaucoup trop cher à entretenir. Les fermages alentour continuaient de rapporter quelque argent, mais l’éloignement des maîtres favorisait les filouteries sur lesquelles le régisseur, principal bénéficiaire, fermait coupablement les yeux. La petite famille n’habitait désormais qu’un petit hôtel particulier parisien proche du bois que l’aïeul avait acheté du temps de sa gloire à la cour, avant de l’abandonner dans sa fuite aux Amériques après sa disgrâce. La situation n’était pas la meilleure pour les Du Fermoir, car la Cour a bonne mémoire et le Comte avait toutes les peines du monde à récupérer la charge de son aïeul, dont il aurait dû hériter puisqu’il avait habilement quitté le royaume avant qu’une forfaiture ne soit prononcée à son encontre.
    
    Cependant, en fuyant ainsi, Godefroy Du Fermoir avait cessé de payer la « paulette », cette taxe annuelle qui permettait la transmission de la charge à sa descendance. Son fils Ferdinand aurait dû lui succéder dès son départ, sauf que personne à la Cour ne voulait plus voir de Du Fermoir à la charge des drapiers de Paris, sauf peut-être s’il s’acquittait de l’entièreté de la succession, car il faut avoir quelque mansuétude lorsque les caisses de l’État sont vides. Bien évidemment, Ferdinand était incapable de poser une ...
    ... telle somme sur la table des négociations, des milliers de francs-or représentant le tiers de la charge, et souhaitait simplement faire reconnaître ce qu’il considérait comme son bon droit et qui était pour lui et sa famille indispensable à leur survie.
    
    Du coup, on ne recevait guère chez les Du Fermoir, et les créanciers étaient plus nombreux à frapper à l’huis que les amis. Une soupe de pain et de quelques légumes, un bol de lait le matin constituaient l’essentiel de leur régime. Bien sûr, l’été on faisait venir quelques volailles du Périgord, mais les fermiers s’arrangeaient pour n’envoyer que les moins belles, souvent de vieilles poules pondeuses épuisées par des années de service et plutôt coriaces. Malgré tout, on essayait alors de donner le change en invitant quelques personnages de second rang, notamment le notaire de la maison auquel on empruntait régulièrement pour joindre les deux bouts.
    
    Les Du Fermoir avaient eu trois enfants. L’aîné, Guillaume, avait trouvé sa voie dans les ordres et était abbé. Le second, Norbert, était entré au service du roi et était maintenant lieutenant dans une garnison de l’est. Restait la cadette, Gwendoline, qui était fort jolie et fort bien tournée pour ses dix-huit ans, et qu’il aurait fallu marier. Mais comment faire sans le sou et donc la moindre dot ? C’est au cours de l’un de ces dîners, qu’il n’aurait manqué à aucun prix, afin de surveiller le train de vie de ses créanciers, que le vieux notaire, en fait guère plus vieux que ...
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