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La trace incertaine du soleil
Datte: 08/08/2022, Catégories: fh, asie, hépilé, amour, intermast, 69, fsodo, mélo, amouroman, Auteur: Come Sorel, Source: Revebebe
Résumé des deux récits précédents : «Des traces dans le sable » et «Une trace rouge sur le torse » Le narrateur a raconté ses aventures de jeune homme avec un couple de sa classe de Lettres supérieures. Il a toutefois rompu avec eux quand il a compris que ses sentiments pour le garçon, Benjamin, sentiments non réciproques, mettaient en danger son équilibre personnel. Bien entendu, nous nous éloignâmes. Cela se fit sans bruit, sans drames ni colères. Après cette deuxième année de classe préparatoire, nous partîmes tous dans des directions différentes. Moi à B. pour des études de Sciences politiques, Lucie et Benjamin à Paris, Thomas intégra l’École Normale Supérieure et Grégoire partit à L. pour des études de documentation. Les jumelles en Belgique, dans une école de communication. Nous nous revîmes fréquemment au début, tous ensemble ou par petit groupe, même si je prenais soin de ne jamais me retrouver seul avec Lucie et Benjamin. Mes sentiments m’interdisaient de récolter à nouveau le plaisir de leurs corps. J’avais couvert ce feu-là de cendres. Peu à peu, nos réunions se firent plus rares, les appels et messages moins fréquents, les conversations plus vagues. Je ne gardais contact qu’avec Thomas, car nos destinées professionnelles devaient se croiser, il devint haut fonctionnaire au ministère de l’Éducation et je travaillais comme administrateur pour le réseau des lycées français de l’étranger. Travail d’un intérêt tout relatif, mais qui me laissait du ...
... temps libre et me permettait de passer ma vie à l’étranger. Mes aventures avec Lucie et Benjamin m’avaient appris quelque chose : pour que ma vie ait un sens, il fallait poursuivre le beau et le plaisir puisque l’amour m’était interdit. Ainsi, je multipliais les aventures, avec des hommes et des femmes. Aventures d’un soir, passions fiévreuses de quelques semaines et même histoires amoureuses de quelques mois, le temps d’une mission. Cette errance amoureuse ne me pesait pas, chacun de ces amants ou amantes me semblait correspondre au lieu et au moment où je les rencontrais. Paulo était un amoureux merveilleux sous les toits de son immeuble de Rio, Sonja avait été une compagne parfaite pour mon année à Varsovie. À chaque moment de ma vie correspondait un grain de peau, une odeur, un accent et un souffle différent. Il arrivait que les souvenirs de Benjamin se bousculent dans ma mémoire, que le regret de ne pas avoir pu vivre mon amour avec lui me torde le ventre. Mais ces spasmes passaient comme une fièvre paludique me laissant, pour quelques jours, fatigué de ma solitude et de ma liberté. Douze années se passèrent ainsi. Puis une nuit, en poste au Pérou, je reçois un message de Thomas sur WhatsApp. 4 heures du matin à Lima, il doit être 9 ou 10 heures à Paris, je peux le rappeler maintenant. Je me lève, prends le téléphone. Je me dirige vers la cuisine pour ne pas réveiller le beau garçon endormi dans mon lit. Des fenêtres ouvertes du salon vient la rumeur de ...