1. L'étrange cadeau de Gladys


    Datte: 07/08/2022, Catégories: f, h, Collègues / Travail cérébral, Masturbation initiat, Auteur: Calpurnia

    ... promesse du printemps de ses dix-huit ans : trahie. Tout à coup, les pâtes au parmesan prennent le goût de la cendre. Elle repousse son assiette, et regarde l’écriture de la carte : avec les compliments de Nathalie. Une mauvaise farce, vraiment ? L’écriture est bien celle d’une femme, ronde et régulière. Puis ses yeux s’abaissent et tombent sur le godemiché qu’elle porte en ceinture. Son érection est permanente. Elle le touche du bout des doigts, et perçoit comme une sensation électrique. Comme si l’objet avait intégré sa chair. Impossible. Elle ferme les yeux, pense qu’elle va bientôt se réveiller de ce rêve bizarrement érotique, avec son sexe intouché depuis tant d’années.
    
    Comment font les hommes avec leur virilité ? Il paraît qu’ils se masturbent souvent. Elle a déjà surpris des conversations sur ce thème. Elle, par contre, n’a jamais pratiqué le plaisir solitaire. Son clitoris s’est comme éteint de n’avoir jamais servi. Le fruit peut-il pourrir sur l’arbre, faute d’être cueilli ? Gladys croque sa pomme à la hâte, et, pour la première fois dans une vie rangée, renonce à faire immédiatement la vaisselle. Elle retourne dans la chambre, se regarde à nouveau dans le miroir. Cette fois, ce sont ses vêtements qui lui paraissent ridicules. Un garçon qui expose ses génitoires se doit d’être complètement nu, comme les dieux grecs sur les sculptures antiques, Héraclès combattant le lion de Némée. Si elle défait la ceinture, c’est pour la remettre aussitôt après avoir déposé ...
    ... tous ses habits sur le lit.
    
    Ce nouveau corps hermaphrodite lui plaît. Du masculin mêlé au féminin. Elle se souvient de ses rêves d’adolescente : elle désirait changer de sexe. Ne serait-ce que pour ne plus souffrir de ses menstruations. Pénétrer comme un garçon dans le ventre des filles. Et aussi pour gagner autant que ses collègues masculins. Elle a toujours eu l’impression d’être regardée comme la godiche du bureau. Asociale. Ignorante des fièvres du sexe et de l’amour. Toujours pucelle à cinquante ans, si l’on néglige une furtive aventure lesbienne de lycéenne qui s’est limitée à de vagues attouchements lors d’une unique soirée câline. Incapable de s’offrir sexuellement, pendant que d’autres multiplient les aventures et passent de bras en bras – ou bien se vantent au restaurant d’entreprise, allez savoir. Lorsqu’elle entend des témoignages d’ébats torrides, elle se tait. Cela ne l’a jamais fait rire, même lorsque l’hilarité se fait grégaire autour d’une tablée, pour souder le groupe autour d’histoires obscènes, vraies ou pas. Un jour, une psychologue scolaire lui a dit qu’elle était surdouée. Pour la logique et la mémoire, peut-être. Mais dans le domaine de la relation amoureuse, elle serait plutôt handicapée.
    
    Une image longtemps refoulée lui revient soudain en mémoire : un jour, pendant la pause de midi, elle a surpris un chef de service en train de se masturber dans son bureau, tout en regardant du porno sur l’écran de l’ordinateur. La porte n’était pas complètement ...