1. Trente minutes (1)


    Datte: 05/08/2022, Catégories: Hétéro Auteur: Zeltron

    ... côté, je ne voulais pas taper l’incruste chez Alice.
    
    — Non, je comprends, dit-elle. Si tu veux, tu pourras dormir dans le canapé.
    
    — Si ça te dérange pas.
    
    — Non, du tout.
    
    — Merci.
    
    Avec le recul, ça paraît tellement évident. Mais sur l’instant, jamais je n’y avais songé.
    
    On prit le dîner ensemble et on regarda même un film sur Netflix. À la fin, Alice retourna dans sa chambre en me souhaitant une bonne nuit.
    
    Il était un peu plus d’une heure du matin, cela faisait une bonne trentaine de minutes que le silence planait sur l’appartement. Puis j’entendis la porte d’Alice et ses pas approchants :
    
    — Jérôme ?
    
    — Hum ?
    
    — Tu dors pas ?
    
    — Non. Je peux t’aider ?
    
    — J’arrive pas à dormir. Genre, pas du tout.
    
    Quelque chose d’hésitant teintait sa voix. Elle alluma la lumière et vint s’asseoir près de moi.
    
    Entre nous, au travail, les relations avaient toujours été cordiales et simples. Et cela, même si cette jeune femme était très à mon goût, je devais le reconnaître.
    
    Mais ce soir-là, quelque chose, comme un lien, nous rapprochait non pas physiquement, mais… spirituellement. Il arrivait fréquemment de se tromper dans l’interprétation des signaux, et pourtant ici, une sorte de symbiose entre nos deux esprits ne laissait planer aucun doute quant au fait que nous partagions la même longueur d’onde. Alors que, de par nos comportements, ni elle ni moi n’avions songé à une telle tournure des événements.
    
    Mon cœur battait désormais plus fort. Le visage ...
    ... de mon ancienne collègue, même démaquillé, gardait son charme fatal. Un regard qui aspirait le vôtre, une bouche à vous dévorer l’âme. Une femme au physique exceptionnel, et qui le savait très bien.
    
    Par la force des choses, nos visages se rapprochèrent ; cette attirance mutuelle n’avait d’égale que l’émotion causée par la situation imprévue et enthousiasmante. Alice devait se trouver dans le même état, et j’en fus à me demander si elle n’était pas venue me voir à dessein, tout compte fait.
    
    C’eût été inattendu, car jusqu’ici jamais nous n’avions montré de signes à l’égard de l’autre ; peut-être que ma vie de couple servait de bouclier, de parade, de chaperon ? Que cette superbe jeune femme avait des principes tout à son honneur ?
    
    Quoi qu’il en soit, maintenant, on voulait tous les deux baiser. Et ensemble.
    
    Nos bouches se goûtèrent l’une l’autre. D’abord par les lèvres, mais bien vite j’enfilai ma langue pour la croiser avec la sienne et se les caresser, les laisser jouer ensemble et se délecter de nos salives.
    
    La jeune femme savait y faire en la matière. On pouvait même dire qu’elle était sacrément gourmande ! Voilà bien longtemps que je n’avais pas été embrassé avec autant de chaleur et de désir ; de fait, mon pantalon se retrouva trop serré.
    
    Sans un mot, Alice et moi continuions à nous embrasser avec toujours un peu plus d’inspiration, d’envie ; je sentais ses mains me parcourir le corps, brouillant toutes mes idées dans ce tourbillon délicieux où plus rien ...
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