1. Chroniques pénitentiaires d'une rebelle 3


    Datte: 21/07/2022, Catégories: Entre-nous, Les femmes, Auteur: Sappho, Source: Hds

    ... de ne pas avoir été à la hauteur me fout en rogne, c’est complètement dingue, le monde à l’envers. Je flatte sa joue d’un doigt distrait histoire de la rassurer un peu.
    
    – Ça arrive, on essaiera plus tard.
    
    Son souffle apaisé, Christelle sombre dans l’inconscience du sommeil, rattrapée par l’abus d’alcool. Il y a bien longtemps que je n’ai pas passé la nuit avec une copine, depuis le lycée. Et encore, on ne pensait qu’à dormir. Aucun problème, les matonnes sont au courant du moindre de nos faits et gestes de toutes façons, nous trouver dans le même pieu demain sera à peine une surprise. Et moi, je me fiche de ce qu’elles pensent. Extinction de la lumière, la tension nerveuse retombe enfin, l’envie de dormir brouille mes pensées, seule l’image de ma sœur fait de la résistance.
    
    Je rêve que je rêve, ça pourrait être marrant, c’est plutôt déstabilisant. La conscience s’impose au réveil d’habitude, dans le flou d’un souvenir dont les détails s’estompent parfois trop vite. Je rêve que je fais l’amour, enfin presque, « on » me fait l’amour, du moins « on » me prépare. Aucun doute malgré le noir total, une présence entre mes cuisses me fait du bien. Ça change, les mecs veulent toujours qu’on les suce, ils sont moins nombreux à nous rendre la politesse. Pourvu que le plaisir arrive, ou je vais me réveiller comme une conne, mal à l’aise.
    
    « Ouvre les yeux ! » Ma conscience travaille aussi la nuit ? Bizarre. Christelle a foutu le camp, sans doute retournée dans son lit. Je rêve ...
    ... que je me réveille maintenant, car j’ai l’habitude de dormir sur le côté, non sur le dos. La présence insiste entre mes cuisses au lieu de se dissiper, la sensation devient... Oh la vache ! C’est bon. Continue, surtout ne t’arrête pas, imagine que je dors encore. C’est le cas ? Peut-être. À chaque fois que j’ai cru prendre du plaisir comme ça, le mec n’a pensé qu’au sien en me fourrant sa bite dans le minou.
    
    Christelle, non, pas elle ! Se faire lécher par une femme, par ma codétenue en plus, dans la cellule qu’on partage, mon pire cauchemar devient réalité. Je hume l’air à pleins poumons pour trouver la force de la repousser. Je dois me libérer de cette étreinte au plus vite, avant de succomber à la montée d’un plaisir toxique, lui faire comprendre que cette relation ne mène nulle part.
    
    Deux mains autoritaires s’égarent sur mes seins, moins violentes que la première fois, avec juste assez de fermeté pour soumettre ma volonté. La garce sait que je ne dors plus, que je ne peux pas m’enfuir, que l’excitation me pousse au contraire à accepter ses caresses. Oh cette langue à l’entrée de mon vagin, dedans, dehors, dedans, merveilleuse sensation de plénitude.
    
    Le plaisir monte, improbable, indomptable, inconnu, Christelle le sent. Je me touche, fébrile, pour lui donner l’impression de participer. La réaction est immédiate, l’air me manque, je mords ma main pour cacher ce maudit orgasme indépendant de ma volonté. Pourquoi le corps dit oui quand la tête affirme le contraire ? ...
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