1. Mon amour, mon cœur


    Datte: 23/06/2022, Catégories: fh, caférestau, caresses, Oral pénétratio, confession, rencontre, Auteur: Enzoric

    ... étais arrivée à m’être convaincue que je m’étais fait un plan sur la comète, un de plus, jusqu’à ce qu’il vienne, seul, un samedi soir au bar.
    
    — Bonsoir Anaïs.
    — Bonsoir, répondis-je, troublée.
    — Donc c’est ici ?
    — Oui. Vendredi et samedi soir.
    — C’est… typique.
    — Ouais. Et ça paye plutôt bien. Alors, quoi ?
    — Pardon ?
    — Le champ est premier prix. J’vous l’déconseille.
    — Une bière, donc.
    — Blonde, brune, rousse, noire, blanche, ambrée, aromatisée, forte, douce ?
    — D’après vous, Anaïs ?
    — J’dirais blonde comme celle qui vous collait l’autre soir.
    — Perdu. Je suis plutôt noire et bien forte. De caractère bien affirmé si vous voyez ce que je veux dire.
    
    Qu’est-ce que j’étais conne ! J’avais flashé sur lui et je le toisais. La connasse dans toute sa splendeur. Alors je lui ai servi une bière, noire, comme moi, et de grand caractère, comme moi… le pire c’est que j’étais encore loin, très loin de dire stop à ma gigantesque connerie.
    
    — Voilà, Monsieur. Bien fraîche et bien couillue.
    — Merci.
    
    Je retournai à mon taf, n’osant plus le regarder tant je me sentais mal à l’aise. Pourtant j’en avais vu des lourdingues, des bourrés se croyant drôles, mais lui, plus que sentir son regard, ni moqueur, ni hautain, je le ressentais différemment. Sûr. Pas… enivré, et pas faussement intéressé surtout. Il me gênait à la puissance qu’il semblait me scruter. Pas de corps, mais de l’intérieur. Il me troublait au point que j’avais les gestes désordonnés, pas professionnels, ...
    ... comme personne n’avait jamais réussi à me déstabiliser. Il me renvoyait l’image de la petite fille timide et gauche que j’étais, avant.
    
    — Anaïs.
    
    Je l’entendais dire mon prénom, ainsi je me l’étais imaginée depuis une semaine, chaque soir, et si mon corps réagit, mon esprit mettait son veto. Ignore-le, comme il ne t’a pas remarqué la semaine dernière, tentait-il de me convaincre. Mais il est un langage que l’humain ne peut pas ignorer : celui du corps. Alors je réagis. Non de parole, mais d’indices, de réactions incontrôlables, et donc incontrôlées. Mes seins s’étaient dressés.
    
    — Anaïs, s’il vous plaît.
    — Oui, ça vient. Y’a pas le feu non plus.
    
    Je mimai m’intéresser à poursuivre une conversation que j’aurais dû, en temps normal, abréger avant même qu’elle ne commence, relançant un débat sans queue ni tête. Avait-il encore une queue d’ailleurs ce type qui se cramponnait au bar pour ne pas être la flaque qu’il était déjà ? Je lui parlais, de tout, de rien, entretenant un espoir à sens unique d’un habitué qui me draguait depuis plusieurs mois et qui n’avait pas encore compris que le seul moyen de m’avoir dans son lit était de se branler en matant une photo ; car il n’était pas discret, le coco, et je savais qu’il l’avait en boîte, mon cul. Il aurait mis le flash en me demandant de faire « cheese » qu’il n’aurait pas été plus discret.
    
    — Anaïs. La même, s’il vous plaît.
    
    Poli. La politesse, j’aime, plus que tout. Bonjour, s’il vous plaît, merci, au revoir en sont les ...