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La Vie de Solange, ou les mémoires de la Comtesse de *** (8)
Datte: 19/06/2022, Catégories: Trash, Auteur: Mir, Source: Xstory
... revenus suffisants pour mettre en œuvre les travaux, il comptait donc visiter le chantier à quelques jours de chevauchée d’ici au plus vite pour recruter. Sa domesticité personnelle l’accompagnait, à mon grand soulagement. Cette nouvelle me mettait en joie, à ma surprise la réaction de Claudine fut plus modérée. D’abord silencieuse, elle finit par se jeter à mes genoux, qu’elle embrassa. - Madame, l’homme odieux qui vous fait tant souffrir s’est vanté ce matin de ce qu’il a nommé… exploit et bonne affaire. Je n’avais pas réalisé jusqu’à ce jour que vous nous aviez protégées des assauts mensuels des métayers, outre tous les bienfaits que vous nous avez prodigués, empêchant la plupart des hommes du château de nous trousser à l’envie. Elle poursuivit en pleurant : - Je ne conçois pas que tant de bonté, de générosité, ne trouvent pour récompense que l’humiliation et la peine. Je pensais découvrir avec l’aide d’autres servantes comment vous aider, mais je comprends maintenant qu’il nous faut envisager d’autres moyens contre cet homme diabolique. Vous êtes un ange, notre ange, je refuse de vous voir martyrisée plus longtemps. Je vous le promets sur ma vie, ô Madame, notre douce bienfaitrice, au retour du Comte vous n’aurez plus rien à craindre. Je m’agenouillai à ses côtés, serrant contre moi ses épaules, baisant doucement son front et ses cheveux. - Claudine, ton amitié me touche au-delà de ce que tu peux imaginer. Au mot d’ « amitié », elle avait ...
... sursauté. - Oui, amitié, car même si je suis Comtesse et toi domestique, notre condition de femme nous unit plus étroitement que des liens du sang, et c’est bien de l’amitié que je trouve dans tes paroles, ta compassion, ta souffrance. Je ne sais ce que tu envisages. Si avec tes compagnes vous trouvez moyen de me soustraire à l’influence de cet homme pervers, tu auras toute ma reconnaissance. Toutefois, qu’il soit établi qu’aucune de vous ne doit se mettre en danger, de quelque façon que ce soit. Il n’est pas question de remplacer mes souffrances par celles d’une autre. Claudine répondit à mes embrassements et mes paroles en me serrant étroitement contre elle. - Je vous fais serment, Madame, que nous mettrons fin à cette situation, sans qu’aucune de nous en souffre. Il y a trop longtemps que nous avons à pâtir des agissements de certains ici, trop longtemps… Bien trop. Sept ans que je suis au service du Comte, j’en ai trop vu. Il est temps que ce dont vous êtes victime s’arrête. Définitivement. Lorsque nous nous relevâmes, séchant nos larmes, l’air de résolution qu’elle affichait m’effraya presque. Sept ans, avait-elle dit. Je songeai, de manière dérisoire, à cette histoire de la mule du Pape gardant sept an son coup de pied à celui qui lui faisait du mal. J’ignorais quelle ruade Claudine réservait au valet, mais il valait manifestement mieux ne pas se trouver sous ce sabot vengeur. ¨˜"°º••º°"˜¨¨˜"°º••º°"˜¨¨˜"°º••º°"˜¨¨˜"°º••º°"˜¨ Les quelques jours de répit me ...