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Coupable
Datte: 08/04/2022, Catégories: fh, extracon, jalousie, dispute, mélo, policier, Auteur: Patrick Paris, Source: Revebebe
... perspicaces. En prison, je me suis retrouvé face à moi-même, des pensées n’arrêtaient pas de tourner dans ma tête. J’ai beaucoup réfléchi comme le psy venu me voir me le demandait. «Avez-vous pris conscience de l’acte commis ? » : bien sûr, j’ai pris conscience que ce connard baisait ma femme, je n’allais pas culpabiliser de l’avoir éliminé, aucun regret. Je me posais surtout des questions sur Agnès. Qu’avais-je fait pour qu’elle ait voulu me tromper ? J’étais sûrement coupable de quelque chose, la tête dans mon boulot j’avais dû la négliger. Pourtant toujours aussi amoureux l’un de l’autre, nous baisions comme d’habitude, peut-être même un peu plus, je mettais sur mes absences ce surcroît de libido. À force de me torturer l’esprit, j’en suis arrivé à l’explication qu’il n’y a pas d’explication. C’est la vie, les circonstances. J’ai compris son remords, un peu forcé par les évènements, mais un remords est un remords. J’ai mis mon amour-propre de côté, et j’en ai conclu que si je me posais tant de questions, c’est que je l’aimais toujours et que je ne voulais pas la perdre, qu’en sortant si elle voulait toujours de moi, si elle avait le temps d’attendre… Pendant ces deux années passées à l’Établissement pénitentiaire de Chartres, accompagnée de notre avocat, Agnès est venue plusieurs fois me voir. À chaque visite, après avoir évoqué mon dossier et comment se préparer pour le procès, il nous laissait en tête à tête, il voulait qu’on s’explique avant le procès ...
... pour ne pas nous déchirer devant les juges. La première fois, je n’ai pas voulu lui parler, je me sentais trahi, que pouvait-elle me dire ? Elle a beaucoup pleuré, m’a supplié de lui pardonner son petit écart comme elle l’appelait, ben voyons. Elle regrettait, elle m’aimait, avec lui il n’y a jamais eu de sentiment, elle ne comprenait pas pourquoi elle lui avait cédé, elle s’en voulait. Elle n’aurait jamais cru que je l’aimais au point de tuer pour elle. Comme un imbécile, ou plutôt comme un amoureux, j’étais prêt à lui pardonner. D’autant, qu’elle n’avait pas l’air très affectée de la disparition de son amant. Les hommes se font toujours avoir. Le temps passait entre la promenade, les auditions chez la juge, la solitude et l’ennui dans ma cellule, et l’attente d’un nouveau parloir avec Agnès. Le pardon n’était plus à l’ordre du jour, Agnès me manquait, voilà tout. En maison d’arrêt, ce n’est plus comme dans les films, les prisonniers alignés les uns à côté des autres, derrière une vitre. Maintenant les parloirs sont individuels, une table deux chaises. Maître Makarov accompagnait toujours Agnès et nous laissait seuls, enfin sous la surveillance d’un membre de l’administration pénitentiaire. Celui-ci, bon bougre, se retournait, il savait ce dont nous voulions après nous être embrassés. La première fois, nous avons été gênés tous les deux, puis l’envie a été trop forte. Toujours la même technique : Ma chaise à côté de celle d’Agnès, je l’enlace, on s’embrasse. ...