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Coupable
Datte: 08/04/2022, Catégories: fh, extracon, jalousie, dispute, mélo, policier, Auteur: Patrick Paris, Source: Revebebe
... comprends au quart de tour que je suis rentré un jour trop tôt. Je suis cocu. Nu en haut de l’escalier, sans se cacher, son amant regarde notre canapé, je suis son regard. Je découvre d’abord la robe d’Agnès, ses chaussures, une culotte et un soutien-gorge sur le tapis, et à côté une veste, un pantalon, une chemise en vrac. Je pense, à juste titre, que le caleçon négligemment jeté sur mon canapé doit appartenir à la bite qui se pointe en haut de mon escalier. C’est là qu’ils ont dû commencer hier soir, et monter nus dans notre chambre. Je vois rouge en imaginant la scène, je serre les dents. Mon sang ne fait qu’un tour, s’il était à côté de moi il prendrait mon poing dans la figure, mais voilà il est un peu trop loin. À ce moment-là, mon regard est attiré par un pistolet qui dépasse de la poche de la veste, sans réfléchir je m’en empare. Les yeux révulsés, j’ôte le cran de sécurité et dirige le canon vers ce salaud. Il crie : — Attention ! Ne faites pas le con, c’est dangereux ces machins-là. Ma femme s’arrête dans son élan, s’agrippe à la rampe et pousse un nouveau cri : — Non, mon chéri, non ! Trop tard, mon doigt appuie sur la détente, Pan, Pan, Pan. Trois coups comme au théâtre. Je vise encore bien, en plein dans le buffet. Du sang gicle de sa poitrine, il titube, son regard affiche de l’incompréhension, il fait un pas et tombe dans l’escalier entraînant mon épouse dans sa chute. Il aurait tout de même pu faire un effort pour ...
... l’éviter. Tous les deux atterrissent à deux pas de moi, enlacés, nus, comme il devait l’être cette nuit dans mon lit après avoir fait l’amour. Ma femme a du sang sur elle, je suis certain de ne pas l’avoir touchée, c’est celui de son amant. Détail amusant, en voyant le sang qui a giclé sur les murs, j’ai une pensée pratique, comment vais-je faire pour nettoyer tout ça ? Lui ne bouge plus, je n’en suis pas étonné, je sais qu’il est mort. Agnès me regarde, hagarde, tout s’est si vite passé. Je n’entends que ses sanglots, et après quelques minutes, elle s’adresse à moi, des hoquets dans la voix : — Qu’as-tu fait ?… Tu te rends compte ? — … — Dis-moi quelque chose, mon chéri… Pardonne-moi… Laisse-moi t’expliquer. — … Rompant mon silence après quelques minutes : — Laurent, s’il te plaît aide-moi… Je n’arrive pas à me relever. Avec ce poids mort sur elle, ça ne me surprend pas. Réveillés par les coups de feu assez rares dans notre quartier, les voisins ont alerté le commissariat tout proche. Les sirènes de police retentissent, les pneus crissent. Je suis assis sur mon fauteuil préféré, sidéré, le regard fixe, le revolver encore chaud dans les mains, quand trois policiers font irruption, m’empêchant de répondre à mon épouse qui me lance un regard suppliant. Le lendemain, gros titre dans les journaux : Suivi d’un chapeau en lettres grasses : Moi jaloux, mais non, il ne me connaît pas. Je n’aime pas être pris pour un con, c’est tout. Le journaliste local, ...