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Bagatelle estivale (2)
Datte: 11/03/2022, Catégories: Divers, Auteur: maisondecampagne, Source: Xstory
... yeux, fatiguée de n’avoir fait que me vider tout le jour, je t’ai vu assis sur une chaise, dans un coin de ma chambre. Tu lisais Arendt, les chevilles croisées et les sourcils légèrement froncés. Je voulais que tu me serres contre toi et que tu disparaisses en même temps. Tu as couché avec ma soeur, je ne peux t’avoir et ta présence m’est trop douloureuse. Je voulais tant te le dire mais la seule chose qui a franchi mes lèvres desséchées fut “Tu es là”. Tu as levé les yeux aussitôt et tu m’a regardée avec un air contrarié. “Tu es la fille la plus étrange que je n’ai jamais rencontré Louise. Tu mens à ma mère pour avoir mon numéro de téléphone, tu me demandes de te répondre, tu m’insultes parce que je ne le fais pas dans l’heure et ensuite tu m’interdis de te parler. Je ne sais pas ce qui se passe dans ta tête mais je ne t’envies pas” “Je t’ai bloqué” je souffle avec difficulté. Mon dieu tu es toujours aussi magnétique, ton aura quand tu te penches et me demandes de répéter me donne envie de me blottir dans tes bras. “Je t’ai bloqué”. Tu éclates de rire et me demande pourquoi. Ma réponse te surprend plus encore. “Tu as couché avec ma soeur il y a environ trois semaines en boite de nuit. Te voir en sachant ça c’est trop dur. Je te veux et ça rend tout impossible donc je préfère encore ne pas te voir du tout.” Tu me regardes avec des yeux ronds et répète en boucle "J’ai ...
... couché avec ta soeur ?”. À chaque fois je hoche la tête les larmes aux yeux, la nausée me reprenant de plus en plus jusqu’à ce que n’y tenant plus je sorte du lit et me rue aux toilettes pour y vomir mon malheur et ma bile. Tes mains larges me tiennent les cheveux alors que je gémis sous la violence de mes vomissements. Je m’écroule contre la cuvette et je te sens me serrer dans tes bras en me murmurant que tu es désolé. Moi aussi je suis désolé Simon. Désolée que le timing ne soit jamais bon pour moi. Désolée que ma sœur écume les boîtes et accepte de s’y faire sauter assise sur un lavabo. Désolée que tu sois un dieu de la bite qui fait mouiller ma sœur rien qu’à ton évocation. Désolée de n’être que la fille la moins délurée, cachée au chaud dans ses bouquins et ses barrières mentales. Je suis si bien contre toi que je te pardonne d’avoir couché avec elle. J’étais si faible face à mon obsession. Je me laisse aller contre toi et ronronne presque sous les caresses douces de ta main contre mon dos endoloris. Tu m’aides à me relever et me serre contre ton flanc pour me ramener à mon lit. Tu m’y bordes, déposes sur mon front humide un baiser tendre et doux avant de quitter la pièce. Ton départ à des airs définitifs et j’ai soudain peur que tu ne reviennes jamais. J’ai encore envie de pleurer mais mon corps n’as plus rien à rendre et je m’endors rapidement dans mes draps tièdes.