1. Bagatelle estivale (2)


    Datte: 11/03/2022, Catégories: Divers, Auteur: maisondecampagne, Source: Xstory

    Nouvelle invitation de la part de tes parents. Je botte en touche et prétends une migraine pour ne pas avoir à te revoir. Mes histoires d’amour n’ont pas le même goût quand l’homme auquel de rêve est de l’autre côté de l’allée. J’abandonne mes livres et vais me tremper dans l’eau fraîche de la piscine.
    
    Je rêvassais les yeux fermés quand tu as atterri sur le sol durci par la sécheresse du jardin.
    
    J’ai sursauté et me suis redressée, nue dans l’eau, terrorisée à l’idée qu’un voleur soit là. Tu t’es approché les mains en l’air, un sourire de con sur les lèvres, comme à ton habitude. J’étais coincée, sortir voulait dire exposer ma nudité ou te demander de me passer la serviette derrière toi et donc avouer être nue. Les deux me semblaient impossible, et je me condamnais toute seule à rester dans l’eau. La nuit commençait à tomber et la lune large et brillante nous éclairait d’une pâleur blanche.
    
    Tu m’as demandé si je me sentais vraiment mal ou si c’était juste un prétexte. Bien sûr que ça en était un, mais devais je confesser mes sentiments ? Je t’ignorais et me recroquevillais dans l’eau. Tu t’es approché de la margelle décidé à me pourrir la vie. “Bien sûr que je vais bien, je n’avais juste pas envie de te voir”. Les mots glissèrent tout seuls hors de mes lèvres tremblantes à l’idée que tu aperçoives la courbe d’un sein.
    
    La lune éclairait assez pour que je distingue la couleur de ton short. Vert cette fois-ci. Ton tee-shirt à col V dévoilait l’amorce de ton torse et ...
    ... tes clavicules. Je ne pensais pas trouver des clavicules érotiques mais les tiennes me réchauffèrent sous l’eau.
    
    Tu t’avançais toujours plus jusqu’à mettre les pieds dans l’eau chlorée. Je n’avais pas d’autre choix que de reculer, ta proximité insupportable à mon petit cœur en surchauffe. J’étais déchirée entre mon envie de toi aussi vague et imprécise puisse-t-elle être et l’envie de te faire disparaître d’une réplique spirituelle. En reculant je dépliais mon corps offrant à tes yeux ma peau nue aux contours brouillés par la surface ridée de l’eau.
    
    La surprise et le désir qui noyèrent tes yeux et l’air à la vitesse d’un TGV me firent frissonner. Tu descendis deux marches jusqu’à ce que le bas de ton short se confonde avec l’eau. Je reculais encore vers le milieu du bassin. J’avais pied et mon immobilité ne tarda pas à calmer la surface de l’eau, dévoilant mon corps plus encore.
    
    “Fais la planche”. La supplique venant de l’escalier me fait sourire. Alors comme ça je ne suis pas la seule que l’attirance entre nous met à rude épreuve ? Je te tourne le dos et m’enfonce dans l’eau pour y mouiller mes cheveux et, vœu pieux, me calmer un peu. Le silence liquide qui m’enveloppe sous la surface ne m’aide pas beaucoup et je remonte vite, la tête en arrière pour ne pas avoir les cheveux collés au visage.
    
    Tu me regardes, je le sais. Le désir qui me détruit petit morceau après petit morceau me rends folle. J’ai envie de faire la planche. De m’exposer à toi et à la lune, de te ...
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