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Bagatelle estivale (2)
Datte: 11/03/2022, Catégories: Divers, Auteur: maisondecampagne, Source: Xstory
... laisser me prendre et me faire tout ce qui te passe par la tête. “S’il te plait”. Ta voix est plus rugueuse et suppliante que jamais. Alors dans un éclat de folie je me laisse porter par l’instant, mes orteils quittent le fond du bassin et me voilà allongée sur l’eau, les cheveux flottant comme des algues à l’arrière de mon crâne. Mes seins se dressent, petites montagnes aux pics érigés par le désir autant que par la fraîcheur de la nuit, mon ventre se confond avec la surface, mes jambes tendues et légèrement écartées. J’ai rarement été aussi consciente de chacune des parties de mon corps. Mon cœur bat si fort que j’ai peur que l’eau immobile autour de moi me trahisse. Mon regard vers les étoiles, je sens le tiens qui me caresse avec la douceur d’un amant. Mes poings serrés je me retiens de bouger, ayant bien trop peur que ce moment ne finisse. Une éclaboussure me fait me redresser, tu es descendu dans l’eau tout habillé. Tu te rapproches de moi avec la grâce d’un tigre, un regard affamé tout aussi félin. Je recule un peu et tu tends une main vers moi. “Non”. Mon refus déchire la nuit avec la violence d’un coup de fusil, j’entends presque la Lune soupirer devant ma couardise mais c’est trop. J’ai peur que mon cœur lâche si jamais ta main venait à se poser sur moi. Tu dois bien me comprendre au fond parce que ton bras se baisse et disparaît sous les flots. Nous restons là, immobiles dans la nuit de juillet à nous regarder dans le blanc des yeux sans faire quoi ...
... que ce soit pour combler la distance insupportable qui nous sépare. “Viens.” Tu me tends une main épaisse à nouveau. Et je mêle mes doigts tremblants aux tiens bruts et tachés d’encre. À cet instant je me rendis compte à quel point nous étions semblables parce que tu n’as pas cherché à réduire l’écart qui nous séparait, tu m’a conduit à une des buses de refoulement et t’es placé derrière moi. Calmement. Sans un mot. L’eau fraîche est projetée avec force sur une partie stratégique de mon anatomie. Tu poses tes mains chaudes sur mes hanches en manque de toi et me maintiens dans l’axe du jet. La violence des sensations me déchirait de l’intérieur. Tu me touchais, te tenais derrière moi, me pressais les hanches de tes paumes chéries. Mon obsession incarnée me rudoyait l’entrejambe par pression interposée. Mes gémissements de plaisir tu les a étouffés en plaquant une main contre ma bouche et j’ai appuyé ma tête sur une de tes épaules quand l’orgasme m’a traversé me faisant crier mon plaisir et mon inquiétude de te voir disparaître après ça. Et j’avais vu juste, la Lune pour seul témoin, tu es parti comme un voleur, ne laissant pour preuve de ton passage qu’une marque sur mes hanches et une traînée humide le long du mur que tu as escaladé pour repartir. *** Trois jours que je me suis montrée à toi. Trois jours que je fixe le mur en pierre chaque soir avec l’espoir vain que tu reparaisses. Mais tu ne viens pas. J’ai beau attendre chaque soir à ma fenêtre, prête à te ...