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Bagatelle estivale (2)
Datte: 11/03/2022, Catégories: Divers, Auteur: maisondecampagne, Source: Xstory
... rejoindre, à te suivre où tu voudras, je reste désespérément seule. Ma soeur s’invite quelques fois dans ma chambre et pour oublier que tu me manques je joue aux cartes avec elle. Le manque et l’envie de te revoir se transforment peu à peu en colère de n’avoir aucunes nouvelles. Je finis par aller sonner chez tes parents pour te forcer à sortir de ton trou. Si je dois me regarder dans le miroir tous les matins, tu peux bien faire de même pendant cinq minutes. Ta mère m’informe que tu es parti pour la ville jusqu’au week-end et je feinte pour obtenir ton numéro, prétendant un arrangement de conduite. Le soir même je t’écris. Pourtant tu ne réponds pas et je finis par perdre patience. “Tu es un lâche et un sale con, aie au moins les couilles de venir me dire que je te dégoûte". Mon message transforme mon téléphone en brique brûlante dans ma main et je finis par le poser sur le lit, avec la nette envie de hurler. “Tu ne vas pas y croire”. Ma soeur entre dans la chambre sans frapper et se jette sur mon lit. Avant que je puisse dire quoi que ce soit elle enchaîne. “Tu te souviens du dieu de la queue ?” Comment pourrait je ne pas m’en souvenir, le fameux coup d’un soir m’est rappelé tous les jours et ses talents vantés à chaque occasion. “C’est pas comme si tu m’en parlais tout le temps”. Elle grimace et à le bon goût de paraître un minimum gênée avant de recommencer à parler. Son babillage incessant emplit la pièce et quand enfin elle en vient à la partie ...
... intéressante sa voix tranche l’air avec des accents terribles. Je veux pleurer, hurler ma colère. Elle me dit avec les joues roses d’excitation “Le dieu de la queue c’est le fils des nouveaux voisins, Simon”. Mon Simon. Simon qui me demande de faire la planche nue sous la Lune. Simon qui me fait battre le cœur et bégayer à la moindre rencontre. Simon qui a couché avec ma soeur et maintenant que je ne peux plus voir. Plus jamais. La jalousie horrible qui m’a envahie à ce moment-là m’effrayait. C’était le genre d’émotion à pousser au meurtre. Léa ne tarda pas à se retirer dans sa chambre et moi, le cœur déchiré par la douleur, je t’ai écrit à nouveau. “Ne me parle plus, disparaît de ma vie, je ne peux plus te voir.” J’ai supprimé ton numéro après l’avoir bloqué et me suis endormie d’avoir pleuré assez pour une semaine entière, une légère nausée au creux du ventre. Le lendemain je me suis levée et j’ai couru jusqu’aux toilettes, vider mon estomac déjà vide. Les spasmes qui me secouèrent m’ont fait si mal que la bile qui franchissait mes lèvres ne me dégoûtait même plus. Épuisée je suis retournée me coucher, ma mère ayant prévenu le supermarché. Le médecin est venu; verdict : gastro. Ça n’était pas une gastro, c’était mon obsession pour toi qui se vengeait de ne pas pouvoir t’avoir. Je suis retournée vomir le peu d’eau que j’avais réussi à avaler et les médicaments à l’horrible goût de banane plusieurs fois dans la journée, comatant entre deux purges. Quand j’ai ouvert les ...