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Le verbe aimer
Datte: 07/03/2022, Catégories: cérébral, nopéné, portrait, Auteur: Kannouteki, Source: Revebebe
... plus, nos souffles mélangés. Nos bouches s’entrouvrent. Je la sens vibrer contre moi. Je caresse son visage pour descendre de mes lèvres dans le creux de son cou ; sa peau si fine palpite. Je remonte et l’embrasse alors à pleine bouche. Je m’emporte. Mes mains se glissent sous son pull à la recherche de sa peau si chaude, si douce, appelant mes caresses. Elle enfouit son minois dans mon cou en gémissant, se blottissant encore plus. Je sens son minou à travers mon pantalon, à moins que ce ne soit mon sexe dressé cherchant son doux contact. Peut-être un peu les deux, je ne sais lequel va à la rencontre de l’autre le premier. Mais où tout cela va-t-il nous mener ? J’ai beau résister contre mon envie d’elle, de mon désir pour elle, je ne sais plus où j’en suis. Si, je le sais trop bien : je lui appartiens depuis toujours ; mon cœur, mon âme, mon corps. Notre indécente posture accolée me manquait, mais qu’en est-il pour elle ? Si elle pouvait me donner un signe, juste un signe… pour me faire savoir. — Que vais-je devenir ? me demande-t-elle. — Tu vas vivre, ma douce. — Comment ? — Auprès de moi ou auprès d’un homme qui t’aimera autant que moi. — Non, jamais avec un autre homme que toi,onii-chan, me répond-elle dans un souffle. Je baisse la tête vers elle. Ai-je bien entendu ? — Tu veux bien m’expliquer ? — Désolée… — Non, pas de faux-semblant ou faux-fuyant entre nous. Explique-moi. — Depuis toujours, je suis bien auprès de toi. Je me sens vivante dans tes ...
... bras. Je vibre en dedans dès que tu me touches. J’ai comme des ailes de papillons virevoltant dans le bas-ventre à chaque fois que je suis dans tes bras. Je ne veux pas que cela s’arrête, débite-t-elle d’une traite. — Depuis toujours ? — Oui, mais je n’osais pas te le dire ; c’est interdit, c’est immoral. Je t’ai laissé libre de t’en aller. — Même chose ; je n’ai jamais voulu t’entraîner sur cette voie glissante après toutes les horreurs que nous avons vécues. Éperdu, je la serre encore plus contre moi. Avec un sanglot étouffé dans sa petite voix, elle relève son visage vers moi, suppliante : — Qu’allons-nous devenir ? — Je suis avec toi, tu es avec moi. Nous allons dans le même sens, je crois. C’est une perche que je lui tends, une bouteille à la mer. — Tu m’aimes, Olivier ? — Oui, Marie : je t’aimais, je t’aime et je t’aimerai. Soupir… Nous y voilà ! — Comment ? Oui, nous y voilà : assez tergiversé ! Il est inutile de se leurrer : notre amour est au-delà des lois. Nous sommes sans Dieu, sans honte, juste deux adultes jadis blessés et salis qui ont attendu trop longtemps de pouvoir s’aimer pour retrouver la pureté volée, la liberté. Oui, nous serons un couple anormal, immoral, débauché, dépravé même, tout autant que la vie a pu l’être envers nous autrefois. Juste le bonheur d’être à deux ! Je me sens pousser des ailes pour lui répondre : — Tout, Marie ! Vraiment tout ! Nous serons tout l’un pour l’autre, sans condition. Tu es le verbe aimer à ...