1. Le verbe aimer


    Datte: 07/03/2022, Catégories: cérébral, nopéné, portrait, Auteur: Kannouteki, Source: Revebebe

    ... disant « Orte, ooorte… » Il sait y faire pour se faire porter, le bougre !
    
    Notre vie s’écoule paisiblement ; nous sommes heureux. J’essaie tant bien que mal de mettre de côté mes pensées dépravées, mais tous mes rêves vont vers elle, ma sœur, malgré moi. Différents scénarios prennent forme dans ma tête de cochon dénaturé lors de mes nuits solitaires pour me laisser un goût imparfait au petit matin.
    
    Cependant, un soir en rentrant après une mise bas longue et délicate laissant un veau orphelin, je me retrouve au salon, au coin de la cheminée qui crépite. Il fait un peu frais en ce printemps.
    
    Je remarque la mine triste, voire renfrognée de ma douce sœur et la questionne :
    
    — Qu’est-ce qu’il se passe, dis-moi ?
    — L’autre con m’a appelée cet après-midi. Il me menace de venir me chercher si je ne reviens pas, dit-elle en s’écroulant en pleurs.
    — Tu veux faire quoi ?
    — Je vais partir loin, fuir…
    — Non. Il ira à ta poursuite, mais tu seras toute seule, isolée. Ici, vous êtes à l’abri, avec moi.
    — Qu’est-ce que je vais faire ? Je n’ai plus la force. Et je suis bien ici… me dit-elle d’une petite voix.
    — Ça va aller. Donne-moi ton téléphone.
    
    Ce qu’elle fait aussitôt. Je jette son portable au sol et saute dessus comme un diable pour le réduire en miettes. Après une danse de sabbat pour exorciser nos démons autour du téléphone atomisé, je jette le tout au feu et reviens posément, tranquillement me rasseoir devant elle.
    
    — Je t’en rachèterai un autre.
    
    C’est avec un ...
    ... léger sourire sur ses lèvres et le regard pétillant qu’elle m’annonce :
    
    — T’es fou !
    — Oui, je suis fou de toi, Marie, ma sœur… Je suis « morgane » de toi à la vie ! » ai-je envie de lui dire, de lui crier même, mais je ne le fais pas. À la place, je lui prends la main pour l’attirer vers moi, dans le fauteuil pour notre tendre rituel, la serrant encore plus fort que d’habitude contre ma poitrine comme si j’allais la perdre. Nous ne pouvons plus nous passer de ce cérémonial vital.
    
    Je ne veux pas qu’ils partent tous les deux.
    
    Son bassin se colle à mon ventre, ses seins, sa peau, son cœur vibrant, la chaleur de son corps, tout intensément à fleur de peau. Mon service trois-pièces crie famine, à l’étroit. Je vais exploser… mais je ne repousse pas le contact, je ne suis pas contre, mais tout contre. Dépravé !
    
    — Tu veux que je l’encule à sec, ce gros connard, avec une poignée de gros sel ? lui dis-je, soudain, un sourire carnassier aux lèvres.
    
    Elle glousse en se tortillant, enroulant ses bras autour de mon cou.
    
    — Grand fou, je t’adore, qu’elle répond en me donnant un baiser humide et appuyé de ses douces lèvres.
    
    J’ai réussi à lui donner un petit sourire. J’ai ma méthode. J’aime provoquer des images incongrues, hilarantes, absurdes et improbables dans son cerveau, comme un électrochoc. Ça marche à tous les coups.
    
    Son corps alangui contre le mien, notre rituel devient communion et fusion à la fois. Douce torpeur loin des angoisses. Nos lèvres ne se quittent ...
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