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Le verbe aimer
Datte: 07/03/2022, Catégories: cérébral, nopéné, portrait, Auteur: Kannouteki, Source: Revebebe
... continuer tous les deux à vivre : la rééducation au bonheur de deux poupées autrefois cassées dans le plaisir incestueux. De rage, comme pour rejeter au loin ces souvenirs obsessionnels, en secouant la tête je jette nerveusement ma clope pour l’écrabouiller au sol. Putain, ça me pollue encore, ces histoires du passé ! Marie et mon neveu ne doivent plus être très loin, maintenant. Des phares. Ah, les voilà ! —Onii-chan… enfin avec toi ! souffle ma sœur en m’embrassant d’un tendre bécot, trouvant refuge dans mes bras. Je la presse tendrement contre moi, sa tête contre ma poitrine en l’enserrant, tels deux naufragés de la vie. Nos corps, nos ventres s’épousent à nouveau dans ses retrouvailles. — On décharge, vous vous installez. Mon neveu préféré a déjà mangé ou pas ? — Oui, Dan dort, je vais le porter dans le lit. — Viens, je prends vos affaires. Dans la chambre, au-dessus du lit pliant de fortune, attendris tous les deux de voir ce petit ange endormi, nos regards se croisent, se parlent. Je lui tends la main qu’elle prend en me suivant au salon. Notre rituel enfantin de communion revient aussitôt. On ne gomme pas les vieux réflexes de défense comme ça. Calé dans mon grand fauteuil, Marie me rejoint, assise de face à califourchon au-dessus de mes cuisses en m’entourant le cou de ses bras. Front contre front, une connexion d’yeux dans les yeux pour une accalmie dans la tempête, nous nous posons. — Je suis désolée de débarquer comme ça… ...
... commence-t-elle avant que je l’interrompe. — Ma porte t’est ouverte, tu le sais ; n’en parlons plus. Que comptes-tu faire maintenant ? — Je le quitte définitivement. Basta ! (Comme pour se convaincre.) — Oui, mais après ? Vous n’êtes pas mariés – moindre mal –, mais s’il vient te chercher, ou bien son fils ? — Non. Je ne veux plus le voir dans nos vies. Il ne se préoccupait pas de son fils avant, il ne va pas le faire maintenant. Je tempère : — OK, on verra au moment. — Ça ne te gêne vraiment pas que l’on débarque dans ta vie ? — Non. Tu sais bien, ma chérie, que je suis avec toi et toi avec moi. Toute cette conversation se fait dans un tendre murmure entrecoupé de baisers chastes, mais appuyés et néanmoins très charnels. Notre cher rituel si rassurant et tendre : c’était le seul moyen que nous ayons trouvé jadis, sans oser jamais aller plus loin que ces caresses de peau, de fibres d’âme, certes apaisantes, mais déjà sensuelles, sous des baisers échangés. Notre parole arrivait ainsi à se libérer dans cet état quasi mystique, hypnotique pour nous, appelant les confidences libératrices, amenant le calme après les tempêtes. On ne change pas le passé. J’avoue que de mon côté, la position de ma sœur, assise sur mes cuisses, collée contre mon torse, commence à me poser souci : ça s’agite un peu dans mon caleçon. Un peu ? Que dis-je, c’est la samba en bas ! À moins que ce ne soit mon pantalon qui rétrécit devant l’amplitude ascendante de mon sexe. J’essaie de changer de ...