1. (La vérité) Mise à nue


    Datte: 02/03/2022, Catégories: fh, ff, policier, Auteur: Domi Dupon, Source: Revebebe

    ... ?
    
    Je laissai ma phrase en suspend quelques secondes, le temps qu’elle s’inquiète, avant de reprendre :
    
    — Si un de mes subordonnés s’est montré discourtois à votre égard, je vous prie d’accepter mes excuses. Mais ce sont des hommes habitués à côtoyer des criminels endurcis, pas des gens irréprochables. Ils peuvent parfois se monter maladroits. Veuillez vous asseoir, s’il vous plaît.
    
    Tandis que je m’asseyais, Anna lui avançait une chaise. Rose Delion, renfrognée, prit place en face de moi. Mon adjointe ferma la porte de la salle et s’y adossa.
    
    — L’un de mes hommes vous aurait-il parlé d’arrestation ?
    — Non bien sûr ! Mais un tel déploiement de force – trois policiers, dont deux en uniformes – pour « inviter », c’est le mot que votre cerbère a employé, une femme de 50 kg. Je n’ai même pas pu changer de chaussures, soupira-t-elle.
    
    Elle souligna ses paroles en désignant ses escarpins. Les duettistes l’avaient surprise au travail. Elle en portait l’uniforme : Robe à col rond aussi légère que le permettait la saison, bas couleur chair. Disparition des mèches colorées, elle avait adopté une coiffure plus soft, plus sérieuse. Sans doute en vue des funérailles, pensai-je cyniquement.
    
    — Je suis désolée pour ce désagrément. Il était absolument nécessaire que nous vous parlions maintenant. Certains faits nouveaux, vous comprenez.
    
    Nous avions décidé de la faire frire et durant les dix minutes qui suivirent, nous tournâmes autour du pot posant des questions ...
    ... insignifiantes. Nous sautions du coq à l’âne : revenant sur le passé de son mari, sur leur divorce, ses affaires, ses bizarreries sexuelles, évoquant Charline au passage. Anna et moi alternions dans le questionnement. Le but était de la faire tourner en bourrique, de la rassurer tout en l’inquiétant. De la déstabiliser suffisamment, de l’énerver pour qu’elle se plante. Ce qui arriva assez rapidement. Elle commit une première erreur en ne la jouant pas « je ne connais pas cette personne » quand, pour parler du travesti, Anna utilisa le prénom de Charlotte. Elle en prit conscience à retardement et cela l’énerva.
    
    — Je vous ai déjà dit cela. Vous me demandez la même chose encore et encore. Elle est belle la police. Vous n’avez rien et vous vous en prenez à moi parce que je fais la suspecte idéale. Mais comme vous avez pu le vérifier, j’ai un alibi. Alors, vous pouvez me dire à quoi riment toutes ces questions.
    
    La belle Rose perdait son sang-froid. Il était temps de passer aux choses sérieuses. Mon adjointe qui avait joué la gentille lors de nos précédents entretiens vint s’asseoir à mes côtés. Elle entreprit de calmer le jeu avant d’engager le combat.
    
    — Tout cela peut vous paraître inutile et fastidieux, mais nous faisons un travail de fourmi. Travail qui peut envoyer quelqu’un en prison pour des années. Ici, pour un meurtre avec préméditation, ce peut être des dizaines d’années. Nous devons donc tout vérifier et revérifier. Imaginez que…
    
    Feignant l’impatience, je ...
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