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(La vérité) Mise à nue
Datte: 02/03/2022, Catégories: fh, ff, policier, Auteur: Domi Dupon, Source: Revebebe
... madame ex, si le paquet est bien présenté. Il nous livra son idée. Première réaction, ricanements : on n’était pas dans une série américaine. Il insista, précisa, ratura, modifia. Nous le suivîmes sur ce terrain pour, in fine, parvenir à un plan un peu bancal, mais réalisable. Nous ne sortirions pas de la légalité. Si nous avions raison sur sa complicité, ça devrait marcher. Sinon, nous nous ferions taper sur les doigts. Je me ferai taper sur les doigts. Nous quittâmes Martineau après avoir finalisé notre scénario pour confondre Delion. Nous sortîmes de l’hosto, tout à fait rassurées sur son intégrité mentale et physique et un peu rassérénées quant au devenir de l’enquête. Un point me tarabustait. Devant l’air entendu d’Anna quand il avait prononcé ce nom, j’avais fermé ma grande bouche par peur d’être ridicule. Une fois dans la voiture alors que nous rentrions pour casser une dalle à la cafèt’, je l’interrogeai. — Quid de Voldemort ! — C’est pas vrai ? Tu ne le connais pas. — J’devrais ? — Harry Potter. — J’ai passé l’âge d’lire des bouquins pour ados. — Tu es vraiment un dinosaure ! C’est le super méchant, celui dont on ne doit pas dire le nom. — J’aurais appris quelqu’chose c’matin. J’suis pas certaine qu’ça fasse progresser l’enquête. Pendant le déjeuner, j’appelai Laurdy et lui demandai où ils en étaient avec Beaumont. Pas très content l’ami Stan (de son prénom complet Stanislas) que je le dérange pendant sa pause. Il récrimina d’autant plus que je ...
... les avais envoyés ennuyer un honnête citoyen. D’après lui (son coéquipier partageait son avis) : « plus clean que Beaumont, tu meurs ». Rire intérieur. Cette fripouille de Charles les avait embobinés. Néanmoins, sérieux et professionnels, ils avaient établi et vérifié la véracité du curriculum qu’il m’avait fourni. Marie-Hélène existait bel et bien. Malgré tout comme me le fit remarquer Anna, en prenant soin d’atténuer la portée de ses propos par un sourire enjôleur, cela ne changeait en rien la faiblesse de son alibi. Au café, j’enclenchais la phase 1 du plan de Bryce. J’appelai Sarah, lui commandai de réquisitionner deux uniformes, de les accompagner à Rose Day, l’échoppe de l’ex-madame Sanmarco et de l’inviter, sans possibilité de refus, à les suivre et à l’amener directement en salle d’interrogatoire. Cela ne devait pas être une arrestation, mais devait suffisamment y ressembler pour lui mettre la pression. #***************# La madame n’était pas contente. À notre entrée, elle faisait les cent pas, claquant ses talons sur le carrelage. Elle s’en prit directement à moi. — C’est du grand n’importe quoi ! Si vous aviez besoin de me parler, un coup de téléphone aurait suffi, mais venir m’arrêter dans ma boutique devant mes clientes et mon employée, c’est honteux. Je me plaindrai à vos supérieurs. Derrière son apparente fureur, son langage corporel racontait une autre histoire : une sourde inquiétude l’habitait. — Vous arrêter ? Pourquoi vous aurait-on arrêté ...