1. La Vie de Solange, ou les mémoires de la Comtesse de *** (6)


    Datte: 24/01/2022, Catégories: Divers, Auteur: Mir, Source: Xstory

    Ma première année de mariage s’écoula ainsi, paisiblement, oserais-je dire.
    
    J’étais Comtesse. En notre demeure reculée, cela n’impliquait pas grand cérémonial, mais j’avais profité de mon statut pour réorganiser le fonctionnement du domaine, notamment celui de la domesticité. Les injustices et le mépris dont étaient victimes les gens du peule travaillant pour nous m’indignaient, d’autant qu’ils émanaient en général de leurs pairs, qui avaient le privilège d’être mieux placés dans la hiérarchie domestique.
    
    J’entrepris de progressivement améliorer la condition de tous, notamment des femmes qui avaient fini par reconnaître en moi une alliée et ne craignaient plus de se plaindre des violences dont elles étaient parfois victimes.
    
    Cela ne me dispensait pas, deux fois par mois, de me soumettre à la fantaisie de mon époux, qui me faisait toujours couvrir par un autre homme – couvrir : je ne sais quel autre terme employer, tant ce rituel me réduisait à l’état de femelle à engrosser.
    
    Nue, allongée sur le ventre, j’écartai les cuisses et attendais la venue de l’inconnu qui devait me foutre. Je m’arçonnais discrètement, car cet homme ne préparait pas sa pénétration et m’enfichait son vit brusquement. Il m’attrapait la taille et me besognait avec régularité, monotonement. Au moment de se répandre, il perdait fréquemment le contrôle et se ruait sur moi, m’écrasant de son poids. Le visage enfoui dans les coussins et mes cheveux, je sentais tout de même son souffle et son ...
    ... odeur, qui n’avaient rien de désagréables. J’avais fini par associer ce parfum inhabituel à ma domination par cet homme qui, malgré la situation, oeuvrait sans brutalité, voire parfois avec délicatesse. Il m’arrivait de jouir, lorsqu’il me vergeait avec suffisamment de vigueur pour me rappeler les assauts de mon cousin.
    
    Je gémissais alors jusqu’à sentir son foutre pulser.
    
    Mon époux assistait consciencieusement à ces courtes soirées, semblant apprécier de me voir dans cette position. Comme je l’avais constaté lors de notre nuit de noces (nommons-la ainsi, faute de mieux), mon engrossage n’était pas son unique préoccupation : il aimait grandement à me voir soumise, presque maltraitée, sous son regard. J’entendais ses halètements, s’accentuant lorsque quelque cri ou gémissement m’échappait.
    
    Je n’avais osé raconter à mon cousin ce qu’il en était : bien que n’étant nullement responsable de cette étrange situation, cet arrangement dans lequel je n’avais pas eu mot à dire, j’avais honte d’en exposer les modalités. Armand croyait donc que mon commerce charnel, hors lui, impliquait mon époux.
    
    Hors ces moments, je comptais les jours me séparant de mon cousin et de ses délicieuses caresses, prenant patience en lisant ses lettres enflammées. Mais que l’on ne croie pas que mes journées et mes nuits se réduisaient à l’attente du plaisir.
    
    Curieusement, le Comte ne s’opposait pas à ma liberté hors les moments de… devoir conjugal. Il avait même, au bout de quelques mois, pris de ...
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