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Orage !
Datte: 12/01/2022, Catégories: fh, fplusag, Auteur: Domi Dupon, Source: Revebebe
... confortables avec du chauffage. — Alors, prenez ce dont vous avez besoin et le café, on le boira devant la cheminée. J’ai une cafetière à piston qui, elle aussi, fonctionne même pendant les pannes d’électricité. #***************# Confortablement installés devant la cheminée, éclairés uniquement par le flamboiement des bûches dans le foyer, silencieux, ils sirotaient un café. Bien que chaud, il passait mal : il fallait trier. Après avoir déniché au fond d’un placard un stock de bougies, il était monté prendre une douche, demandant à Madeleine, après force indications sur ses probables besoins, de préparer le café. Funeste erreur : prisonnière du tout électrique dans lequel son mari l’avait enfermée, elle ne connaissait pas le mode d’emploi de la cafetière à piston, et concocta une espèce de bouillasse. Confuse, elle se confondit en excuses. Il en rit. Tout en soulignant le bon arôme de moka, il la moqua gentiment. Elle avait réussi un parfait café turc. Contrairement à Mathilde, à qui il fallait toujours un temps infini pour se changer, Madeleine n’avait pas mis plus de cinq minutes pour se sécher, troquer sa chemise de nuit contre un vêtement plus chaud et moins suggestif. Elle avait aussi préparé un petit sac avec des vêtements de nuit et son nécessaire à toilette. Après qu’elle ait enfilé un trench, chaussé une paire de bottes, ils avaient changé de crèmerie. Jeff appréciait cette rapidité. Arrivée chez Jeff, elle s’était aperçue qu’elle n’avait pas pris de ...
... chaussons. Il lui avait prêté ses charentaises, pas vraiment élégantes et trop grandes, qu’il portait l’hiver. Jusqu’à ce jour, elle avait été la femme du voisin imbuvable, une personne insignifiante, au visage quelconque, à la silhouette indécise qui ne dégageait aucune féminité. Ce soir, alors qu’ils éteignaient le début d’incendie, il avait aperçu son corps en transparence. L’incendie et la pluie l’occupaient à plein temps. L’instant ne se prêtait guère à l’observation concupiscente. Maintenant dans la chaude quiétude de son salon, pour la première fois, il la regarda comme une femme. Les genoux ramenés contre sa poitrine, elle fixait, rêveuse, les flammes qui dansaient dans la cheminée. Elle tenait son mug à deux mains comme pour se réchauffer. Il voyait son visage de trois quarts. Visage pas réellement joli, mais gracieux, intéressant : des yeux foncés encadraient un nez fin légèrement busqué. Une petite bouche aux minces lèvres lui donnait à penser qu’elle ne devait pas être toujours d’un caractère facile. Seules quelques ridules aux commissures des lèvres révélaient son âge. Malgré ce que la pluie leur avait fait subir, sous cette lumière tamisée, ses cheveux gris parsemés de quelques mèches châtains faisaient ressortir son bronzage printanier. Un petit gabarit. Probablement guère plus d’un mètre soixante. Quant au poids, il ne devait pas excéder les 50 kg. Filiforme ou plutôt uniforme eut été l’adjectif qu’il aurait utilisé pour la qualifier jusqu’à ce soir. Elle ...