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Orage !
Datte: 12/01/2022, Catégories: fh, fplusag, Auteur: Domi Dupon, Source: Revebebe
... une certaine tendresse, ils vivaient plus en coloc qu’en couple. Le fait que Mathilde ait un « meeting » ce week-end l’arrangeait plutôt. Il pourrait profiter de sa liberté et pourrait flemmarder en toute quiétude sans risquer une altercation avec le voisin. Une seule fois, celui-ci s’en était pris directement à lui en le traitant de sale flic. Cette réflexion l’avait exaspéré et Mathilde avait dû le retenir. Ce n’était pas la réflexion en elle-même qui lui avait fait perdre son sang-froid, il en avait entendu d’autres, mais comment ce vieux beau l’avait-il appris ? Peu de gens au village connaissaient sa profession et ce n’était pas eux, des amis de son grand-père, qui allaient le crier sur les toits. Jeff n’avait jamais trouvé ces gens particulièrement sympathiques, mais ils l’indifféraient. Il n’en allait pas de même de sa femme pour qui Jacky, le mari, genre beau et con à la fois était l’archétype du gros beauf qui refusait de vieillir. Madeleine, sa moitié, une connasse frigide (il ne lui avait jamais demandé d’où elle tenait ça !) ressemblant à rien et qui se croyait sortie de la cuisine de Jupiter. Elle ne lui paraissait pas spécialement respirer la joie de vivre. Il se demandait pourquoi Mathilde montrait tant d’agressivité à son égard alors que la voisine n’était jamais intervenue dans leurs querelles. La seule chose qu’il savait d’elle : c’était une marcheuse, pas un soutien de notre bon président, mais du genre à partir le long des sentiers avec son sac à ...
... dos. Le contraste entre le mec qui voulait se la jouer d’jeun’, un tantinet exib à rouler ses muscles et sa moitié, discrète, n’essayant pas de cacher sa maturité, la plupart du temps vêtue genre surplus Emmaüs l’avait toujours fait ricaner. Autant, il comprenait la réaction de Mathilde face au mâle alfa (roméo) autant il ne comprenait pas ses remarques acerbes et méchantes sur cette pauvre femme qui avait pour seul défaut d’être l’épouse d’un gros beauf. Le mauvais temps qui l’avait surpris à son arrivée, quelque part, le satisfaisait. Détestant les embrouilles de toutes sortes, il préférait éviter les regards inévitablement hostiles de son connard de vis-à-vis. Lors de ses derniers séjours en solo, il avait aperçu la voisine avec qui il avait échangé un bonjour de politesse, mais par un heureux hasard, il n’avait pas eu à affronter son con-joint. Avec ce temps merdique, il était tranquille : pas de risque de barbecue intempestif. Unbreaking news crachotant annonça qu’un hold-up meurtrier avait eu lieu dans la presqu’île. Il prêta l’oreille. Selon le journaliste, un gardien de la paix qui avait voulu intervenir avait été abattu. L’agresseur, comme de bien entendu, était en cavale. — Nom de Dieu ! C’est pas vrai ! Même s’il n’allait que rarement sur le terrain, la mort d’un collègue, surtout aussi bêtement, le touchait. En général lorsque lui se pointait, tout risque avait disparu. Une violente déflagration, assez proche le fit sursauter et le ramena à des ...