1. Je ne suis pas lesbienne, mais... (8)


    Datte: 08/01/2022, Catégories: Lesbienne Auteur: airdepanache

    ... accorde une seconde chance.
    
    Stop. Elles sont arrivées au fameux restaurant chinois... Ce n’est que maintenant que Patricia réalise que Noëlla a probablement laissé filer cette information sciemment, afin de lui permettre de l’intercepter si nécessaire. Si c’est le cas, cela lui laisse un espoir... mince, mais un espoir tout de même.
    
    Elle débarque dans la salle du restaurant, avec Faustine dans son sillage. Sa démarche empressée, mais surtout sa tenue sexy, font tourner les têtes parmi les convives. Plusieurs hommes et plusieurs femmes dévisagent cette nouvelle venue en cuissardes, qui arpente la salle à grandes enjambées, cherchant visiblement quelqu’un. Un type se permet de siffler sur son passage - c’est à ça que servent les hauts talons, se dit Pat, qui lui plante le sien dans le pied. Il gueule. Ça fait du bien.
    
    — Elle n’est pas là.
    
    Un serveur intervient, désireux d’escorter rapidement les intruses vers la sortie: "Je peux vous aider ?"
    
    — Une jeune femme rousse qui portait une petite robe de satin noir... dit Faustine. "Je suis sûre que vous n’avez pas pu la rater. Elle devait être avec un homme. Où sont-ils ?"
    
    Le garçon hoche la tête. "Vous les avez ratés de quelques minutes. Ils viennent de payer l’addition et de s’en aller.
    
    — On y va.
    
    Une fois de plus, Faustine sert de chauffeur à une Patricia qui se ronge les ongles et murmure des mots silencieux. Dans sa tête, elle se fait tout un cinéma. En ce moment même, peut-être que Noëlla est en train ...
    ... d’embrasser ce garçon. Peut-être le laisse-t-il poser ses mains sur elle ? Elle se l’imagine même, son petit papillon, à genoux devant ce type en train de sucer sa queue.
    
    L’angoisse est totale. Une fois que cette image est en elle, elle n’en décolle pas, et ne fait que gagner en horreur. Juste avant d’être déposée devant l’immeuble, elle aperçoit dans sa tête le beau visage de la femme qu’elle aime, souillée par une éclaboussure de sperme, qui finit de lécher le gland de ce mec et se tourne vers elle avec de la distance dans le regard...
    
    — Je te rejoins.
    
    Face à la porte de l’immeuble, Patricia commence à perdre ses moyens: comment y pénétrer ? Désormais, chaque seconde compte pour éviter que sa prédiction ne se transforme en réalité. Le pire est peut-être en train d’arriver dans la chambre à coucher...
    
    Heureusement arrive un occupant de l’immeuble prêt à taper son code. Elle se jette sur lui, au bord de l’hystérie:
    
    — S’il vous plaît Monsieur, il faut absolument que je rentre. C’est pour une histoire d’amour.
    
    Est-ce parce que sa sincérité est palpable, est-ce parce qu’on refuse peu de choses à une jolie fille, toujours est-il que le voisin la laisse entrer. Reconnaissante, elle dépose un bisou sur sa joue, puis fonce dans la cage d’escalier. Naturellement, il n’y a pas d’ascenseur. Quatre étages à pied. Des cuissardes à talons, en plus. Et en haut: soit l’horreur, soit le bonheur. Ou toute une gamme de possibilités entre-deux.
    
    Voilà. Elle arrive devant la ...
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