1. Au pays des mille étangs


    Datte: 04/01/2022, Catégories: fh, campagne, Oral pénétratio, init, sf, Auteur: Roy Suffer

    ... étroite pour en retrouver une plus large et plus directe. J’avais à peine franchi la lisière de la forêt, retrouvant les haies bordant les champs cultivés, quand survint l’incident imprévisible. D’un coup, la lumière de mes pleins phares baissa jusqu’au noir total et le moteur se tut. La voiture avança encore quelques mètres sur sa lancée. Mes yeux s’habituant à l’obscurité, je la dirigeai vers l’accotement, dégageant la voie goudronnée pour laisser place à d’hypothétiques véhicules. Plus rien. Plus de lumières, de klaxon, même le plafonnier ne s’alluma pas quand j’ouvris la portière. La tuile ! Parce que je risquais bien de passer la nuit-là. Appeler un copain pour venir me chercher ? Pas sympa à une heure du mat’. Restait l’assistance de mon assurance, le truc si cher dont on ne se sert jamais ou presque. Un malheur ne venant jamais seul, mon téléphone portable ne s’alluma même pas, pas plus que ma lampe torche.
    
    Et@#%#[]} ! (jurons variés)
    
    Même pas possible d’aller voir sous le capot si un fil ne se serait pas détaché de la batterie, ou un truc comme ça. Quand on n’y voit rien, on ivoirien ! C’est tout noir ! Heureusement, la lune est là. Elle n’est pas pleine, mais me permet de distinguer la route et de marcher jusqu’à la prochaine ferme, pas très loin à droite, les « Bichons ». J’en connais les propriétaires, plutôt sympas, car je demande toujours l’autorisation de passer sur des terres qui ne m’appartiennent pas. Et je suis déjà venu dans le coin faire des ...
    ... photos. Eux doivent avoir une ligne fixe qui fonctionne, du moins je l’espère. Je marche d’un bon pas, toujours masqué par la haie, mais lorsqu’elle s’interrompt pour une entrée de champ, j’aperçois une vive lumière blanche détachant la silhouette de la ferme sur le noir de la nuit. Rentrée de moisson peut-être, souvent les agriculteurs moissonnent jusqu’à pas d’heures, jusqu’au « point de rosée », quand la température nocturne plus basse va soudain condenser la chaleur du jour en rosée, ce qui mouille les grains et risque ensuite de les faire moisir. Mais à cette époque, les moissons sont terminées depuis longtemps, et ici ce ne sont pas les vendanges… Après tout, ça les regarde, ce qui est bien c’est que tout le monde ne dort pas, je dérangerai moins. J’allonge donc le pas, puis je m’engage dans le chemin qui monte doucement vers la ferme. Je perçois maintenant une sorte de sifflement, alors que la lumière très crue m’imprime les rétines et rend difficile ensuite de savoir où je pose mes pas. Arrivé à une cinquantaine de mètres de mon but, une voix me fait soudain retourner :
    
    — Monsieur ? Vous cherchez quelque chose ?
    
    Impression bizarre, c’est comme si j’avais entendu ces mots… de l’intérieur. Pas avec mes oreilles emplies de ce sifflement permanent émanant de la ferme. Mes yeux s’habituent à la pénombre après cette lueur blanche violente. Une forme se détache, reflétant à la fois la lueur et la lune. Wow ! Une forme des plus… féminines, enrobée d’une fine combinaison ...
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