1. Mise à l’air


    Datte: 01/01/2022, Catégories: fh, Transexuels policier, Auteur: Domi Dupon

    ... principales affaires. Elle s’en était allée, laissant un mot sur la table de la cuisine avertissant Paolo que son avocat le contacterait pour le divorce. Le plus humiliant avait été que, trop occupé à forniquer, ce salaud ne s’était pas aperçu de son départ, ou du moins n’avait eu aucune réaction.
    
    La suite… Classique… Par avocats interposés, elle lui avait mis le marché en main. Soit le divorce selon ses exigences (lui laisser la maison et lui verser une pension substantielle), soit tout le monde saurait qu’il couchait avec des gitons à peine majeurs (?). Il avait accédé à toutes ses demandes. Depuis leur séparation, ils n’avaient plus aucune relation. Ils se rencontraient depuis peu, et seulement chez leur fils, pour des occasions particulières.
    
    La dernière péripétie qu’elle leur avoua remontait à 2002. Un jour, elle avait reçu un lien qui l’avait envoyée sur un site érotique où elle avait retrouvé leur histoire. Romancée par un auteur de seconde zone, on lui faisait jouer un rôle assez ambigu qui la présentait tour à tour comme une vilaine manipulatrice ou une amoureuse sincère séduite par ce garçon/fille. Pour finir, le scribouillard se détachait complètement de la réalité : l’amour l’emportait et elle s’enfuyait avec le jeune homme, la montrant sous un jour plutôt sympathique. La démarche s’était inversée avec Paolo qui, dans la dernière partie du récit, en était réduit au rôle du soumis dans une scène SM. Elle voulut en parler à son ex. Tout en reconnaissant qu’il ...
    ... avait reçu le lien, il nia toute ressemblance avec leur histoire. Ensuite, il l’accusa d’être à l’origine de cette « merde ». Convaincu par ses dénégations, il lui conseilla d’oublier sinon il lui en cuirait. Il la poignarda en lui avouant cyniquement que, malheureusement, elle n’avait jamais eu cette sexualité débridée prêtée, fort obligeamment, par le narrateur à l’héroïne.
    
    Quand Anna l’interrogea sur le sort réservé à son amant/amante, elle s’était refermée :
    
    — Je suppose qu’il l’a jeté(e) après usage. À partir de cette nuit, je ne me suis plus jamais préoccupé de sa vie, affirma-t-elle sèchement, trop sèchement.
    
    L’intérêt que nous lui prêtions était inversement proportionnel au désir qu’avait Rose d’en parler. Le souvenir de l’humiliation restait très douloureux et je comprenais qu’en évoquer l’incarnation lui coûtait. Sur l’insistance d’Anna, elle finit par nous jeter d’un air dégoûté le prénom dont l’affublait Paolo : Charline.
    
    Charles, Charline ! Gab qui affirmait que c’était un mec ! Instant de flottement ! Je n’avais pas tilté quand ses deux dernières maîtresses avaient évoqué ce prénom. Mais associé à un trav corrélé aux certitudes de ma légiste (ex) préférée, ça faisait beaucoup. Je ne croyais pas trop aux coïncidences. Cependant, cela me donnait une excuse pour le rencontrer le soir et incidemment, oublier le problème « Anna ».
    
    En fin d’interrogatoire, devenue huître, Rose Delion reconnut du bout des lèvres qu’elle haïssait son ex et, qu’au-delà de ...
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