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Une romancière en herbe
Datte: 12/10/2021, Catégories: f, hplusag, prost, amour, fsoumise, cérébral, revede, conte, Auteur: Maryse, Source: Revebebe
... hantait. Chaque fois qu’elle songeait à l’héroïne du roman, elle n’avait plus de limites ni d’interdits. Elle s’identifiait à Margot, devenait cette prêtresse du sexe qui se laissait prendre, posséder, punir pour obtenir la rédemption et le salut. Son reflet dans le miroir de sa petite salle de bain l’effraya. Il était tard. Elle était exténuée. Son visage avait perdu son éclat, ses joues s’étaient émaciées et de profonds cernes sombres creusaient ses yeux. Elle se sentait comme vidée de toute force. Il fallait dire que la journée avait été intense. L’une des prolifiques. Le roman touchait à sa fin et elle craignait le moment où Régis y mettrait le point final. Qu’allait-il se passer après ? se demanda-t-elle avec angoisse. — Tu es une femme, crut-elle entendre. Tu es jeune, tu es belle… Tu as été créée pour engendrer la passion, la volupté… Comme Margot, brave les interdits, défie les dangers ! Tu trouveras la délivrance dans le plaisir… Une vive bouffée de désir l’embrasa. Une vague de chaleur intense la parcourut. Comme mues par une force propre, ses mains se posèrent sur ses épaules et firent glisser les épaulettes de sa chemise de nuit. Elle baissa les bras et d’un mouvement de hanches, acheva de se débarrasser de son vêtement qui tomba fluidement à ses pieds. Elle se vit nue dans le miroir, les jambes écartées, les reins creusés, le ventre effacé, les seins aux pointes érigées projetées en avant. Les coudes levés, les mains jointes sur la nuque, elle se ...
... regardait complaisamment dans la glace, mais ce n’était pas elle qu’elle contemplait, mais Margot. Elle ne faisait plus qu’une seule et même personne avec cette femme qu’elle admirait pour son courage, son audace et sa liberté. L’incarnation personnifiée de la Femme. Soudain, le miroir sembla se mettre à onduler et ce qui s’y reflétait laissa la place à ce salon qu’elle et Régis avaient décrit dans le roman, ce salon cossu rempli d’hommes venant s’offrir les faveurs de jeunes femmes aux mœurs dissolues. Et c’était au milieu de cette pièce qu’elle se trouvait maintenant. C’était pour eux qu’elle était nue, qu’elle dévoilait ses charmes féminins, qu’elle se mettait à onduler sensuellement, à se caresser voluptueusement, mimant par sa danse ce que convoitait tout son corps. Alors elle se déchaîna comme Margot l’aurait fait. Elle attrapa vivement ses seins à pleines mains pour les pétrir, les presser l’un contre l’autre. Mais ce n’était pas assez, elle en voulait plus. Elle n’était plus qu’envie, envie d’être prise, d’être investie par tous ces sexes inconnus qui se succéderaient en elle sans lui laisser le moindre répit. Cette perspective la plongea dans un état indescriptible. Oui, elle voulait s’immoler dans le feu dévastateur de l’Extase comme Margot le faisait chaque nuit ! Sa main heurta par inadvertance le gobelet posé sur le bord du lavabo. Le bruit qu’il fit en s’écrasant sur le sol l’arracha brutalement de son rêve éveillé. Elle fut sidérée en se voyant dans la glace, ...