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Une romancière en herbe
Datte: 12/10/2021, Catégories: f, hplusag, prost, amour, fsoumise, cérébral, revede, conte, Auteur: Maryse, Source: Revebebe
... Mettons-nous au travail, proposa Régis. Je vais me mettre à l’écriture. Toi, Maryse, trouve-moi tout sur les maisons closes, la sexualité à la fin du 18e siècle, juste avant la Révolution française. La journée, comme les précédentes, fut intense. Elle fut étonnée de trouver d’abondantes informations et de nombreux documents sur les pratiques sexuelles durant l’ancien régime. Elle apprit qu’à cette époque, existait un clivage net entre le devoir conjugal et le plaisir sexuel, clivage qui avait favorisé le libertinage très en vogue à cette période. Dans le mariage, la modération était considérée comme une condition à la procréation d’une descendance saine. En contrepartie, les relations extraconjugales étaient tolérées pour ne pas dire autorisées pour les hommes qui trouvaient le plaisir dans des bras qui n’était pas ceux de leurs épouses. Les femmes, quant à elle, se devaient de se consacrer à leur foyer. Les amitiés féminines leur permettaient de pallier leurs frustrations sexuelles. Les tripots et maisons closes prospéraient. Les hommes les fréquentaient assidûment, venant réaliser leurs fantasmes et trouver des plaisirs qui leur étaient interdits chez eux. Les filles de joie se livraient à tous types de pratiques en utilisant des accessoires sexuels qui n’avaient rien à envier à ceux actuels. Tous les excès étaient possibles pour ceux qui avaient les moyens de se les offrir. Au fil des pages, Margot devint une reine de la nuit, réclamée et courtisée par tous les ...
... hommes fréquentant l’établissement, n’en sortant qu’au petit matin pour s’occuper de Maximilien. Elle menait une double vie : exemplaire et dévouée le jour, licencieuse et dépravée la nuit. Le vœu qu’elle s’était fait d’expier son crime et de se racheter en se consacrant à l’homme qui avait été paralysé par sa faute, le consentement tacite de Maximilien, son souhait de se constituer un petit pécule pour mettre le quinquagénaire à l’abri du besoin la conduisait à tout accepter la nuit. Dans sa quête de repentance, Margot se pliait aux pratiques les plus perverses, cherchant la rédemption dans la façon dont elle se donnait. Celle-ci tirait de sa propre dépravation, de ce mélange de plaisir, de souffrance et d’avilissement, le sentiment de s’approcher de son propre salut. Maryse, quant à elle, vivait intensément cette descente aux enfers qui enflammait son imagination et la consumait en même temps. Elle avait de plus en plus de mal à faire la différence entre ce qui se passait dans le roman et la réalité. Elle était devenue Margot. Elle avait perdu toute prise sur ses émotions. Elle se disait régulièrement qu’elle devrait démissionner avant de perdre définitivement la tête. Mais au fond d’elle, elle savait qu’elle n’en ferait rien. Une force mystérieuse avait pris le contrôle de son être et la poussait à continuer, à découvrir ce qui allait ensuite se passer, à tendre vers cet absolu que sa raison semblait tant craindre. Oui, l’existence de Margot à la maison close l’obsédait, la ...