1. Une romancière en herbe


    Datte: 12/10/2021, Catégories: f, hplusag, prost, amour, fsoumise, cérébral, revede, conte, Auteur: Maryse, Source: Revebebe

    ... se sacrifierait… Mais en le faisant, elle en tirerait un plaisir coupable. La culpabilité la pousserait à des actes de plus en plus dépravés pour se punir de sa propre faiblesse. Son avilissement exacerberait son besoin d’expiation… Tout cela sous le regard complaisant de Maximilien paralysé qui souhaiterait que Margot continue de vivre, qu’elle découvre le plaisir dans des bras d’inconnus puisque lui ne serait plus capable d’apporter à Margot ce dont toute jeune femme était en droit d’obtenir. Elle en fit part à Régis qui l’observait avec une admiration non dissimulée.
    
    — Mais où vas-tu chercher tout ça ? lui demanda ce dernier, d’une voix vibrante d’enthousiasme. Pour renforcer la charge dramatique de l’histoire, pourquoi ne serait-ce pas Margot elle-même qui, en s’enfuyant, déséquilibrerait par inadvertance Maximilien, causant la paralysie de celui-ci ?
    
    Oui, se dit-elle les yeux étincelants, la culpabilité de Margot en serait d’autant plus grande ! Ils se contemplèrent longuement d’un air entendu, partageant la même exaltation.
    
    — Mais par quel concours de circonstances Margot se prostituera-t-elle ? objecta ce dernier en se passant fébrilement la main dans les cheveux. Elle vient de la campagne, ne connaît pas grand-chose des mœurs de la capitale. L’histoire doit rester crédible.
    
    Maryse réfléchit à toute allure, passant fébrilement en revue chaque possibilité. La nécessité… le besoin lancinant qu’éprouverait la jeune femme d’expier son crime… le ...
    ... hasard…
    
    — Oui, jubila-t-elle, le hasard ou la fatalité… Tous les matins, en se rendant chez l’apothicaire acheter les onguents dont avait besoin Maximilien, elle passerait devant une grande bâtisse. De jeunes femmes légèrement vêtues auraient l’habitude de s’installer sur le balcon. Elles s’y prélasseraient en bavardant et en riant, apostrophant avec effronterie les passants. À force de les voir puis de les observer, Margot finirait par comprendre…
    — J’imagine la scène, la coupa brusquement Régis qui ne tenait plus en place. Leurs économies épuisées, incapables de trouver un travail honnête en cette période insurrectionnelle, voulant à tout prix continuer à acheter le traitement onéreux de Maximilien, Margot n’a pas d’autre choix que de se rendre à la maison close pour proposer ses services…
    
    Maryse n’écoutait plus Régis. Elle lâcha la bride à son imagination : Margot se tenait devant la grande porte en bois. La jeune femme avait honte, avait peur. Le cœur de celle-ci battait à tout rompre. Elle étreignait nerveusement son réticule contre sa poitrine. Un réticule vide qui expliquait pourquoi elle était là, à cet endroit où elle n’aurait jamais dû se trouver. Mais elle n’avait pas d’autre choix. Elle devait le faire pour Maximilien. Pour se racheter. Alors, elle chassa tous ses scrupules. Après avoir lissé du plat de la main sa robe élimée, elle s’obligea à empoigner le lourd heurtoir en bronze avant de se mettre à frapper… La vie de Margot prenait un nouveau tournant !
    
    — ...
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