1. La morale d'Anon 01


    Datte: 07/10/2021, Catégories: Première fois Auteur: Charly Chast

    La morale d'Anon 01
    
    C'était un beau mariage qui se préparait, tous les voisins étaient venus. Dans la grande hutte au centre du village les hommes s'étaient réunis, il buvaient cette sorte de bière fermentée que les femmes avaient préparée, ils discutaient fumaient un tabac brun qui dégageait une odeur très forte et irritait la gorge et ils mâchaient cette herbe au goût amer qui faisait rêver.
    
    Chacun y allait de sont commentaire. Les plus vieux surtout, les plus jeunes n'intervenaient pas, les très jeunes rigolaient pour cacher leur gêne en entendant certains commentaires. On donnait en effet des conseils érotiques au jeune marié. Les plus jeunes restaient en retrait dans leur coin et leurs commentaires c'est entre eux qu'ils les faisaient …
    
    Anon était dans son coin, on mariait son frère aîné. Son tour viendrait plus tard, tout avait été organisé par une marieuse d'un village voisin. Il se souvenait l'avoir rencontrée quand il avait accompagné son père l'année précédente. Il lui avait offert douze chèvres pour sceller leur accord, mais ce n'était qu'un acompte, il faudrait encore payer la famille de la mariée. Une femme était un bien précieux et la marieuse était riche.
    
    Quand on a soi-même une fille à marier dans la maison on peut négocier mais dans cette maison il n'y avait que trois hommes, Dauj le père, Ré le fil aîné et Anon ( prononcez Ah Non ! ) le puîné … Euh ! Enfin le cadet quoi ! … La femme de Dauj était morte en mettant au monde son troisième enfant … ...
    ... C'était un fils ça aurait été un fils, Dauj ne fait que des garçons. Il y a des familles comme ça ou il n'y a que des garçons ou d'autres ou il n'y a que des filles. Dauj était dans une situation difficile, deux garçons, il faudrait les marier, et une fille ça coûte cher. Tellement cher qu'il n'avait pas eu la possibilité de se remarier lui même …
    
    Mais aujourd'hui c'était un jour de fête, on buvait, on fumait, on mâchait cette herbe qui rend nigaud et on rigolait … On allait marier un garçon du village à une jeune fille d'un autre village. Il était rare que deux jeunes d'un même village se marient entre eux, en général ils étaient cousin et la consanguinité est une malédiction. Toutefois s'il n'y avait aucun lien de parenté entre eux, rien ne s'y opposait.
    
    Dauj était retourné voir la marieuse, elle vivait à l'écart de son village, elle avait la plus grande hutte, elle avait des terres et ses trois fils travaillaient pour entretenir son troupeau de chèvre, son troupeau de vaches, sa base-cour ainsi que son potager. Quand je vous dit qu'elle était riche, ce n'était pas exagéré. Trois fils, trois belles filles, sept petits enfants et un mari qu'elle menait à la baguette.
    
    Dauj lui avait emmené de nouveau une douzaine de chèvres et il devrait encore rajouter quatre vaches. Tout n'était pas pour la marieuse, loin de là, la plus grosse partie de la transaction était pour la famille de la jeune femme.
    
    Une femme est une richesse, sans elle pas de descendance, il faut aussi ...
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