1. Trois hommes dans un bateau (sans oublier leur chibre) (1)


    Datte: 01/10/2021, Catégories: Divers, Auteur: Mir, Source: Xstory

    ... concernant. Puis, machinalement, je tournai les pages et lus nonchalamment les différentes maladies. J’ai oublié le nom de la première que je vis. C’est une chose horrible et dévastatrice, qui promettait la chute du membre par gangrène en moins de trois mois et la mort dans de terribles convulsions, la bave aux lèvres et le péché au cœur. Mais avant d’avoir lu la moitié des symptômes précurseurs, il fut évident que j’en souffrais bel et bien. Glacé, je jetai un coup d’œil discret à l’intérieur de mon pantalon, ne pouvant me résoudre à imaginer ma splendide verge dans cet état.
    
    Profondément affligé, je continuai à tourner les pages. J’arrivai à la syphilis, lus les symptômes. Je découvris que j’avais la syphilis, évidemment, et même depuis l’enfance sans le savoir. Je tournai encore quelques pages. Me voilà frappé de trichomonase vaginalis, que j’incubais depuis quelques semaines et ne tarderait à se déclarer (la forme fulgurante et très douloureuse, selon toute vraisemblance). Fasciné de voir tous ces maux s’accumuler sur ma verge et mes testicules, je poursuivis mon exploration.
    
    De la blennorragie à la vaginose bactérienne (dont, dépourvu de vagin, je ne pouvais qu’être porteur asymptomatique), j’avais tout : cent sept maladies de Vénus. A part les morpions.
    
    Cela me dépita fort : tout le monde avait des morpions, à écouter mes amis, qui en général n’en avaient pas eux-mêmes mais « connaissaient quelqu’un qui avait fréquenté une prostituée pas bien propre(ce que le ...
    ... narrateur ne ferait jamais bien sûr, comprenez bien qu’il parle d’un ami à lui) et qui cherchait des conseils, si par hasard une personne bien intentionnée en avait, pour qu’il dise à ce malheureux ami que faire ». Tout le monde, sauf moi. Cela relevait de l’injustice. Mais je me consolai en songeant que j’étais atteint de toutes les autres maladies, absolument toutes. Quel cas intéressant serais-je pour la faculté de médecine ! J’imaginais plaisamment ma verge, objet de toutes les attentions, évaluée, palpée, soupesée, examinée, malaxée par les plus grandes sommités - et les infirmières me portant les soins nécessaires, surtout. Je voyais bien leurs douces mains manipuler délicatement ma tige, mon gland, leur visage éperdu d’admiration devant un tel objet scientifique, leurs lèvres gourmandes et luisantes tendues vers mon chibre…
    
    Ah, priapisme intermittent, aussi. La réaction de ma verge en pleine lecture d’un simple dictionnaire médical le prouvait, j’en étais évidemment atteint.
    
    Entre la jubilation de me révéler être un sujet médical d’exception et le désespoir de savoir ma verge et ma vie en bien mauvaise posture, je sortis du British Museum courbé, tant sous le poids fatal de toutes ces affections que pour dissimuler la bosse gonflant mon entrejambe. Il me fallut m’isoler dans un coin du parc pour me soulager quelque peu.
    
    J’allais consulter mon médecin. C’est un vieil ami. Quand je pense être malade, je vais le voir, il me prend le pouls, me fait tirer la langue ...
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