1. Le premier pas... (1)


    Datte: 23/08/2021, Catégories: Erotique, Auteur: Anthynéa, Source: Xstory

    Le ciel, jusque-là d’un beau bleu, se grise rapidement. Le vent commence à faire balancer la tête verte des grands sapins, là-haut, sur les contreforts de la montagne vosgienne. Tout au fond de la vallée, l’eau turquoise du lac de Longemer vire, elle aussi au gris sale. Claude rentre la tête dans les épaules, elle attend le premier claquement d’un orage imminent. D’aussi loin qu’elle se souvienne, elle a toujours détesté le tonnerre, les éclairs. L’orage quoi et celui qui arrive va être brutal. Michel son mari, en compagnie de Paul, leur voisin, ne se soucie pas de ce changement soudain du temps.
    
    Les deux hommes trop occupés à regarder partout autour d’eux, scrutant le sol à la recherche d’insectes ou de petites plantes, ne font pas vraiment attention à ce qui se passe au-dessus de leur tête. Ils sont amis depuis la construction du chalet du couple. Paul déjà installé avec son épouse était spontanément venu donner la main aux tourtereaux qui montaient avec quelques membres de leur famille, cet énorme mécano de bois qui fait aujourd’hui la fierté de Claude.
    
    Depuis, les deux hommes se revoient toujours avec autant de plaisir et une même passion commune pour la nature les unit chaque fois qu’ils le peuvent. Paul, deux ans de moins que Michel et un de plus que Claude, est un vrai bûcheron, un type noueux et sec, comme les Vosges en ont gardé quelques-uns. Levé à l’aube chaque jour de la belle saison, il « monte » en forêt avec son tracteur pour débarder ces énormes ...
    ... troncs qui, une fois séchés, deviendront de belles charpentes bien solides.
    
    Ils marchent devant Claude et dans leurs shorts d’été, elle peut admirer les deux paires de fesses qui se dandinent au gré des contours de ces chemins empierrés et tortueux qu’ils empruntent pour leur balade. Michel a beau être bien taillé, sa musculature ne peut rivaliser avec cet homme de la forêt qu’est Paul. Des cheveux toujours en bataille, surtout depuis que sa compagne l’a quitté pour un autre, il ne se soucie pratiquement plus de son apparence physique. Sauvage pratiquement !
    
    Il marche souplement, n’hésitant pas à revenir sur ses pas pour regarder à nouveau, ici une araignée, là un brin d’herbe duquel, il va à coup sûr, donner le nom exact. Mais pour le moment Claude est surtout préoccupée par le vent qui fait ployer la tête des arbres, de plus en plus violemment. Dans le dos de Michel et sous ses aisselles, la veste pourtant légère qu’il porte est agrémentée de larges auréoles de sueur, signe de la lourdeur de l’air. Un rapide coup d’œil lui indique que là-haut, sur la route « des crêtes », il commence à pleuvoir.
    
    Elle se rapproche des deux hommes qui sont tombés en extase devant un bouquet de jeunes noisetiers et qui discutent fermement de quelque chose qu’elle ne voit pas.
    
    — Regarde ! Regarde Claude ! Des bêtes à bon Dieu !
    
    — Ben c’est un peu normal aussi non en cette saison !
    
    — Oui ! Mais pas celles-ci. Elles sont petites, noires et jaunes ! C’est une espèce que l’homme a ...
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