1. Atelier d'artisanat - 3


    Datte: 21/08/2021, Catégories: fh, extracon, vengeance, jalousie, chantage, dispute, nopéné, amourdram, extraconj, Auteur: Passerose, Source: Revebebe

    ... du soir. Enfile des habits et allons faire quelques pas ensemble.
    
    Nous sortons, main dans la main. La sentinelle est toujours dans la cabine et fait semblant d’être en conversation. Nous nous arrêtons à sa hauteur et je demande à Rose de l’observer. L’homme quitte la cabine, comme pour nous laisser la place et dit bonsoir. Rose bien clairement dit « Bonsoir, Maurice », sa voix n’a pas tremblé.
    
    — Les vautours guettent déjà leur proie. Tu vois qu’il y a intérêt à prendre les devants. Il serait étonnant qu’on retrouve Maurice en planque demain, si le responsable réagit.
    — Je ne voulais pas t’alarmer. Ce type est venu sonner à la porte juste après ton départ, il a insisté pour que j’ouvre. Je lui ai dit que tu allais revenir. Il m’a annoncé qu’il reviendrait et qu’il savait comment me décider à lui ouvrir. Je suppose qu’il a rencontré Gilles aujourd’hui.
    — Ses menaces n’étaient pas des paroles en l’air. Ferme donc bien la maison, ne sors pas seule. Le problème sera vite réglé, je te le promets. Ne tremble pas. Faisons encore quelques pas. Je dois mettre Sylvie en garde. Ne crains rien, elle ne te mordra pas. Si elle divorce, elle pourra te remercier de lui avoir ouvert les yeux.
    
    Nous sonnons. Sylvie se montre à la fenêtre de l’étage. En quelques mots nous lui signalons la présence de l’ami Maurice. Elle me remercie pour les copies. Oui, elle a bien déposé Gilles chez ses parents et leur a fait part de son intention de divorcer. Elle a déjà pris ...
    ... rendez-vous chez un avocat. Elle présente des regrets à Rose dont elle n’aurait pas dû griffer le visage, mais la colère est mauvaise conseillère. À la sortie de l’impasse nous retombons sur le dénommé Maurice. Il hâte le pas.
    
    Rose m’empoigne le bras et se blottit contre moi. Je lance :
    
    — À demain, Maurice, au commissariat.
    
    Il n’aurait pas entendu ? Pourtant ma voix porte. Ça lui donne des ailes.
    
    — Mon Paul, comme je t’aime.
    
    Je vais boire une bière à la cuisine. Rose m’accompagne ; elle prend la poubelle, le ramassage se fait demain. Je lui prends la poubelle des mains :
    
    — Donne, je vais la mettre sur le trottoir.
    
    Elle ne lâche pas le sac noir.
    
    — Je préfère la sortir, avec ces rôdeurs, on n’est jamais sûrs. Laisse-moi faire.
    
    Elle finit par abandonner le sac, mais serre le ruban de fermeture. J’allume les lampes du jardin. La porte de la terrasse est poussée mais non verrouillée, au grand étonnement de Rose.
    
    — Veux-tu que je t’accompagne, chéri ?
    
    Ce « chéri », c’est un signal d’alarme. Je pose le sac sur la table de jardin de la terrasse, je délie le ruban, écarte les bords du sac devant Rose, interdite sur le seuil. Et là, au-dessus des déchets, même pas cachés, jetés à la va-vite, je vois deux préservatifs bien chargés. Je les sors, les lève à la lumière et demande :
    
    — Lequel s’appelle Alain, lequel se nomme Karim ?
    
    Le divorce depuis a été prononcé aux torts de Rose. Demain, je quitte cette maison vendue. Sylvie m’attend. 
«12...891011»