-
0216 L’amour ne vit plus ici.
Datte: 06/08/2021, Catégories: Entre-nous, Les hommes, Auteur: Fab75du31, Source: Hds
... disque. « Ici je n’ai pas de voisins » il nous explique « alors, depuis que je suis seul, je ne me gêne pas pour mettre la musique à fond ». « C’est ça qui est bon quand on est seuls, c’est qu’on fait ce qu’on veut » commente Charlène. Je suis aimanté par le mouvement hypnotique de la galette sur la platine, si loin de la frénésie de rotation d’un cd, je suis happé par cette pointe qui parcourt patiemment son sillon pour en extraire le son. Regarder un disque tourner c’est apaisant, c’est presque comme regarder une clepsydre, on a l’impression de regarder le temps en train d’avancer. A cet instant précis, je découvre le disque. Enfin, je le redécouvre. Maman avait un tourne disque, mais il était loin d’avoir la gueule et le son de l’équipement de Florian. Quant à moi, depuis que j’écoute de la musique, je n’ai jamais acheté de disque. J’ai commencé avec des cassettes. Et je suis rapidement passé au cd. Avant de me laisser conquérir, quelques années plus tard, par le mp3. En approchant un disque « en action », après des années où je n’ai pas vu tourner un seul disque, je me rends compte d’à quel point cette galette en vinyle est un bel objet. Sa robe noir brillant capte la lumière et en met plein la vue. Le son qu’il envoie est chaud et vibrant. Et le crépitement de ses sillons rappelle d’une certaine façon le crépitement du feu dans une cheminée. C’est à la fois charmant, rassurant, reposant, chaleureux et doux. A côté de la chaîne hi-fi est installé ...
... un meuble rempli de disques, exposés sur la tranche. Et devant ces importantes archives musicales, une pochette est debout, appuyée contre l’alignement de ses consœurs, exposée à la vue. C’est certainement la pochette du disque qui est en train de jouer. L’image, assez sombre, représente un beau garçon en demi-buste, de profil, la barbe d’une semaine, une grande boucle en forme de croix à l’aplomb de son oreille. Le gars est habillé d’un blouson en cuir qu’il soulève avec ses mains et dans lequel il semble vouloir cacher son visage. Entre les deux pans, on devine une portion de torse velu. Pas de titre d’album, ni de nom du chanteur bogoss. « Dis-donc, t’as une sacrée collection de disques » lance Charlène à Florian, alors que la chanson se termine et un petit crépitement de fond fait la liaison avec le titre suivant. « Et encore ils ne sont pas tous là. La musique c’est mon plaisir. Je crois que je pourrais vivre sans sexe, mais jamais sans musique ». « A ce point… ». A nouveau je me laisse happer par le disque et sa rotation perpétuelle. Et soudain le titre suivant démarre. Des notes de piano, un air doux et un peu mélancolique. Une ambiance jazzy. Puis vient la voix. C’est une voix feutrée et pourtant bien virile, une voix de jeune mâle, comme une caresse à la fois très douce et terriblement sensuelle, une vibration qui touche des cordes sensibles, qui me touche au cœur. Et en quelques secondes à peine, elle m’émeut jusqu’aux larmes. Vinyle vidéo ...